Le tribunal de première instance de Cotonou a examiné, jeudi 20 mai dernier, le dossier opposant le professeur Marcel Houinato Benjamin à l’Institut national de la femme et trois autres personnes. Selon les avocats du plaignant, les poursuites engagées concernent notamment des faits présumés « d’immixtion dans le fonctionnement des juridictions », de « complicité » ainsi que de « complicité de harcèlement par le biais d’un système informatique ».

Au micro de BIP Radio, Me Olga Anassidé, avocate du professeur Marcel Houinato, a expliqué que son client estime que certaines communications autour de sa condamnation interfèrent avec le fonctionnement normal de la justice. « Mon client est un Béninois à qui des faits ont été reprochés. La justice a rendu une décision. Il fait l’objet actuellement d’une condamnation et il purge une peine dans une des prisons du Bénin », a-t-elle déclaré.

L’avocate souligne toutefois que la procédure judiciaire n’est pas encore définitivement tranchée. « C’est dans ce cadre-là que des choses ont été dites (…) et il estime que ceux ou celles qui répandent ces choses-là s’immiscent dans le fonctionnement de la justice », a ajouté Me Olga Anassidé au micro de BIP Radio.

Même son de cloche chez Me Bachard Liamidi, également conseil du plaignant. Intervenant lui aussi sur BIP Radio, il a soutenu que les publications relayées après la condamnation en première instance de son client porteraient atteinte au principe de la présomption d’innocence.

« La publication faite relativement à la condamnation de ce dernier en première instance, procédure qui actuellement est en cause d’appel, vise à dire que cette publication a violé le principe de la présomption d’innocence », a affirmé Me Bachard Liamidi. Pour l’avocat, ces publications constitueraient également « une forme d’immixtion dans la justice ».

L’audience de ce jeudi n’a cependant pas porté sur le fond du dossier. Elle concernait essentiellement la fixation de la consignation, une somme destinée à garantir le sérieux de la plainte introduite par la partie civile. Le ministère public a requis le paiement d’une consignation de trois millions de francs CFA.

« Cette somme vise à garantir que la procédure qui est initiée n’est pas une procédure abusive », a précisé Me Bachard Liamidi au micro de BIP Radio. À l’issue des débats, le tribunal a renvoyé l’affaire au 1er juillet prochain, date à laquelle la consignation devra être versée afin de permettre la poursuite de la procédure judiciaire.

Pour rappel, le professeur Marcel Houinato Benjamin, ancien directeur adjoint de l’École doctorale des sciences agronomiques et de l’eau de l’Université d’Abomey-Calavi, a été condamné le 24 mars 2026 par le tribunal de première instance d’Abomey-Calavi à dix ans de réclusion criminelle pour viol sur mineure. La juridiction l’a également condamné à verser cinq millions de francs CFA de dommages et intérêts à la victime, ainsi qu’à une amende de 500 000 francs CFA. Le dossier reste toutefois pendant devant la Cour d’appel après le recours introduit par la défense du professeur.