Alors qu’il espérait obtenir une remise en liberté sous caution, Kémi Séba a vu son dossier prendre une tournure beaucoup plus lourde avec l’activation officielle de la demande d’extradition introduite par le Bénin. Rendez-vous pris pour le 14 juillet prochain. Date à laquelle le tribunal abordera pour la 1ère fois ce volet du dossier. Jusqu’ici, l’affaire examinée par la justice sud-africaine concernait essentiellement des accusations de violation des règles d’immigration.
Les autorités reprochent notamment à Kémi Séba d’avoir prolongé son séjour dans le pays au-delà de la durée autorisée par son visa. L’examen de ce dossier doit se poursuivre le 8 juin prochain devant les juridictions sud-africaines. Mais avec la demande formulée par Cotonou, le militant devra également répondre de nouvelles accusations portées par la justice béninoise.
Selon les éléments transmis aux autorités sud-africaines, il est visé pour « blanchiment d’argent » ainsi que pour « apologie de crime et incitation à la haine et à la violence ». Cité par Le Monde, l’un de ses avocats, Bill Kobras, a reconnu que cette évolution judiciaire compromet fortement les chances de libération de son client. « Même si, dans la première affaire, la cour accepte sa libération conditionnelle, malheureusement, avec ces développements, il devrait rester en détention », a-t-il déclaré.
Parallèlement au dossier d’extradition, Kémi Séba devra comparaître le 8 juin aux côtés de son fils et de François van der Merwe dans le cadre des poursuites engagées localement pour séjour irrégulier et tentative présumée de sortie clandestine du territoire sud-africain.
Deux mandats d’arrêt internationaux ont été émis contre l’activiste par le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme ( CRIET). Le premier mandat, daté du 13 juin 2025, concerne des faits présumés de blanchiment de capitaux. Le second, délivré le 12 décembre 2025, porte sur des accusations d’apologie de crime et d’incitation à la haine et à la violence dans le contexte de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 au Bénin.
Pour rappel, Kémi Séba avait été arrêté le 13 avril 2026 dans un centre commercial de Pretoria, en compagnie de son fils, ressortissant français âgé de 18 ans, ainsi que de François van der Merwe, présenté par plusieurs médias sud-africains comme un militant suprémaciste blanc. Depuis cette interpellation, l’activiste panafricaniste est détenu en Afrique du Sud, où il fait face à plusieurs procédures judiciaires distinctes.
