Samuel Akindes Adékambi entendu sur les faits d'abus de fonction. Après l'audience du lundi 18 mai 2026 au cours de laquelle l’élu municipal a plaidé non coupable, le procès s'est poursuivi ce lundi 1er juin 2026. À l'ouverture du procès, plusieurs personnes ont été convoquées à la barre dont Yasmine Comlan, assistante de Lionel Talon. L'assistante de Lionel Talon n'était pas présente à l'audience. Au cours de l'audience, la Cour a procédé à la lecture des déclarations sur procès-verbal de l'assistante lors de des auditions à la Brigade économique et financière (BEF).

Appelé à la barre aux environs de 12h47, le prévenu Samuel Akindes s’est montré calme et détendu pour retracer la genèse des relations qui le lient au plaignant et pour donner sa version des faits. Selon la déposition de Samuel Akindes Adékambi, les faits trouvent leur source dans des démarches entreprises il y a trois ans. À cette époque, l’ex-chef d’arrondissement s’est rapproché de Lionel Talon, qu’il présente comme un bon ami, afin de solliciter un accompagnement pour la réalisation d’un projet de construction d'un terrain de football destiné aux jeunes du quartier d’Akogbato, situé dans le douzième arrondissement de Cotonou. L’objectif de cette démarche était d’obtenir le soutien du Centre Eya pour construire un terrain de football au profit de la jeunesse locale.

Le prévenu a expliqué que le premier plan de construction proposé par le cabinet d'architecture désigné par Lionel Talon ne correspondait pas aux demandes initiales. Ce premier projet prévoyait uniquement l’érection d’un centre culturel dénommé Eya et ne prenait pas en compte la construction d’un espace sportif pour les jeunes. Samuel Akindes Adékambi a affirmé s'être opposé à ce premier plan et avoir exigé l’intégration du terrain de football. À la suite de cette opposition, Lionel Talon et son équipe technique ont finalement corrigé le projet pour y intégrer l’infrastructure sportive demandée.

Le débat judiciaire s'est ensuite orienté vers deux mouvements de fonds évoqués dans le cadre de ce dossier, à savoir une somme de deux-cents mille FCFA et une somme de trois millions de FCFA. Concernant le montant de deux-cents mille FCFA, qui devait servir à organiser un cocktail pour les jeunes du terrain d'Akogbato, Samuel Akindes Adékambi a rejeté les accusations. Il a déclaré devant la Cour n’avoir jamais encaissé ni reçu cet argent, justifiant cette situation par la nature de ses relations amicales avec le plaignant.

Au sujet de la somme de trois millions de FCFA, le prévenu a reconnu avoir perçu ces fonds, tout en niant fermement tout lien avec le projet de construction public d'Akogbato. L’ex-chef d'arrondissement a expliqué qu'au cours d’une conversation téléphonique privée, il avait fait savoir à Lionel Talon qu'il ne l'avait pas remarqué au cours des précédentes campagnes électorales. 

À la suite de cet échange, Samuel Akindes Adékambi lui a demandé un soutien financier de cinq millions de FCFA pour couvrir ses frais de campagne personnels, avant que les deux hommes ne s’accordent finalement sur la somme de trois millions de FCFA. D'après ses propos, le promoteur lui a indiqué que son assistante se chargerait de lui remettre les fonds.

Samuel Akindes Adékambi a détaillé le déroulement de la journée au cours de laquelle la remise des fonds a été effectuée. Une réunion de travail regroupant le cabinet chargé des travaux, le manager du Centre Eya, l’assistante de Lionel Talon et d’autres participants avait été organisée afin de statuer sur les délibérés du projet d'Akogbato. Le prévenu a précisé que l’assistante était présente à cette session. Après l’annonce du délibéré concernant le projet, l’ex-chef d’arrondissement et l’assistante se sont retrouvés dans un bureau, lieu où cette dernière lui a remis l'argent.

Interrogé par le ministère public sur d'éventuels précédents financiers, l’ex-chef d’arrondissement a répondu par la négative, affirmant que c’était la première fois qu’il percevait de l’argent de la part du plaignant. Il a soutenu devant la Cour que cette somme de trois millions de FCFA devait servir pour la campagne présidentielle et n'avait aucun rapport avec le projet communautaire. Quelques jours après cette rencontre, le prévenu a déclaré avoir reçu le 1er mai 2026 lors d'une marche de remerciement au président Patrice Talon un appel téléphonique l’invitant à se présenter auprès du directeur de la Police pour une audition. C'est ainsi qu'il a été interpellé par les agents de la BEF. 

Au cours de l'audience de ce lundi, la Cour a également appelé à comparaître deux autres personnes citées dans le dossier, notamment l’assistante du plaignant ainsi qu’un autre individu, mais tous deux étaient absents. La Cour a ensuite donné lecture au prévenu des déclarations faites par l’assistante du promoteur lors de l'instruction. En raison de l'absence des témoins cités et pour convoquer les témoins, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme a prononcé le renvoi du dossier au lundi 6 juillet 2026, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.