Une affaire de vente de médicaments non autorisés est pendante devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Le parquet spécial poursuit trois agents de santé en service dans le département des Collines. Les prévenues sont une sage-femme, responsable du centre de santé de Toui Gare, et deux aide-soignantes.
La justice leur reproche l'exercice illégal en pharmacie et l'abus de fonction. Le procès s'est poursuivi le jeudi 4 juin 2026 avec les réquisitions du ministère public.
Des produits non homologués venus du Nigeria
Les faits se déroulent dans l’arrondissement de Toui, situé dans la commune de Ouèssè. Selon la présentation des faits par le quatrième substitut du procureur spécial, un réseau de vente de médicaments existait au sein du centre de santé public.
Les prévenues proposaient des produits venus du Nigeria aux usagers de l'hôpital. Ces produits ne possèdent pas l'homologation des autorités du ministère béninois de la santé. Les agents distribuent ces produits à la place des substances autorisées par l'État.
Un système de rétrocommission de 5 000 FCFA
Le représentant du parquet spécial a détaillé le fonctionnement du réseau lors de l'audience. La sage-femme, en sa qualité de cheffe du centre de santé de Toui Gare, gérait l'approvisionnement. Elle transmettait les médicaments falsifiés en provenance du Nigeria aux deux aide-soignantes. Ces dernières assuraient la vente directe auprès des patients de la structure sanitaire.
À la fin de l'opération, les aide-soignantes reversaient la totalité des recettes à la première responsable du centre. En contrepartie, l'infirmière responsable versait une somme fixe de cinq mille (5 000) FCFA à chaque aide-soignant pour le travail accompli.
Douze mois de prison ferme requis par le parquet
Le ministère public a demandé à la Cour de déclarer la sage-femme coupable d'abus de fonction et de complicité d'abus de fonction pour les aide-soignantes. Pour l'ensemble des trois prévenues, le parquet spécial près la CRIET a requis une peine de douze (12) mois de prison ferme. Le magistrat a également demandé la condamnation de chcune des prévenues au paiement d'une amende de deux (2) millions FCFA.
Le représentant du ministère public a formulé une demande supplémentaire concernant la procédure administrative. Il a demandé à la Cour de recevoir la constitution de partie civile du ministère public. Le parquet souhaite que la juridiction réserve les intérêts civils dans cette affaire.
La Cour a mis le dossier en délibéré après les réquisitions. Le verdict de ce procès est fixé au mois de juillet 2026, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
