C'est le dénouement d'une affaire qui tenait l'opinion en haleine depuis plusieurs mois. Statuant publiquement et contradictoirement en premier ressort, la CRIET a tranché le sort des quatre prévenus, placés en détention préventive depuis le 18 février 2026.
Le principal accusé, un policier poursuivi pour abus de fonction, a été reconnu coupable d'avoir libéré un présumé cybercriminel en échange d'une somme de 500 000 FCFA. Alors que le parquet spécial avait requis 5 ans de prison dont 3 ans ferme lors de l'audience du 4 mai dernier, la Cour s'est montrée plus sévère ce lundi 15 juin 2026 : le fonctionnaire de police a été condamné à 60 mois (05 ans) de prison ferme et à une lourde amende de cinq (05) millions FCFA.
En revanche, sa collègue policière s'en sort blanchie. La Cour a prononcé sa relaxe au bénéfice du doute. Lors des débats, cette dernière avait expliqué avoir reçu une enveloppe de 50 000 FCFA de la part de son collègue, pensant de bonne foi qu’il s’agissait d’une cotisation de tontine habituelle au commissariat. Le ministère public avait d'ailleurs soutenu sa relaxe, les échanges téléphoniques prouvant qu'elle ignorait l'origine frauduleuse de cet argent, qu'elle avait restitué dès qu'elle a découvert la vérité.
Main lourde également contre deux civils
Les deux civils impliqués dans le même dossier, poursuivis pour détention et usage de chanvre indien, ont eux aussi été reconnus coupables.
La CRIET a également durci les réquisitions du procureur (qui réclamait 6 mois ferme) en les condamnant à 24 mois de prison ferme et un million (1 000 000) FCFA d'amende chacun.
Selon l'envoyé spécial de Libre Express, les condamnés disposent désormais d'un délai légal de 15 jours pour interjeter appel de ce verdict.
Rappel des faits
Pour rappel, l'affaire avait démarré lors d'une patrouille au cours de laquelle un présumé cybercriminel avait été interpellé après la découverte de données suspectes dans son téléphone. Conduit au commissariat d’Akassato, le suspect avait négocié sa liberté. Un arrangement financier à hauteur de 500 000 FCFA avait été conclu à l'insu du commissaire principal, et le magot avait ensuite été partagé entre les agents ayant mené l’opération.
