Le procès du commissaire de police Delcoz Kindjanhoundé s'est poursuivi le lundi 15 juin 2026 devant la chambre correctionnelle de la CRIET. Alors que le prévenu comparaissait sans assistance juridique depuis le début de la procédure, un fait notable est venu modifier le cours des débats. L'avocat, Me Julien Togbadja, s'est officiellement constitué pour plaider la cause de l'officier de police.

En raison de cette constitution de dernière minute, les réquisitions du ministère public, initialement attendues pour cette audience, n'ont finalement pas eu lieu. La Cour a immédiatement prononcé le renvoi du dossier au lundi 13 juillet 2026 afin de permettre à la défense de prendre connaissance des pièces, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

Une note écrite déposée lors de l'audience précédente

Cette nouvelle étape fait suite à une deuxième audience très brève, tenue le lundi 20 avril 2026. En moins de cinq minutes, le commissaire Kindjanhoundé avait alors remis aux juges une note écrite détaillant les motivations profondes de sa vidéo controversée, dans laquelle il s'en prenait au président Patrice Talon. Le dossier avait alors été renvoyé au 15 juin pour permettre au parquet de formuler ses observations.

Lors de l’ouverture du procès le 9 février 2026, le commissaire avait plaidé non coupable. Poursuivi pour incitation à la rébellion, incitation à la haine et détention illégale d’armes à feu, il rejette l’ensemble des charges retenues contre lui.

Devant la CRIET, il avait reconnu être l’auteur de la vidéo incriminée, tout en revendiquant l’avoir réalisée « en qualité de simple citoyen ». « J’ai appelé le peuple béninois à une révolution démocratique », avait-il soutenu. Une ligne de défense qui avait suscité de vives interrogations de la part du parquet concernant le devoir de réserve d'un agent de police, d'autant que l'officier apparaissait en uniforme dans la séquence.

Le traumatisme du front anti-terroriste

Pour expliquer son geste, le commissaire Kindjanhoundé avait évoqué son expérience dans le nord du Bénin, où il avait été déployé fin 2023 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Marqué par les pertes humaines, il avait confié aux juges : « J’ai vu des hommes mourir au front ».

Il affirme que sa démarche visait avant tout à rendre hommage aux soldats tombés. L'officier avait également indiqué avoir tenté d’alerter sa hiérarchie par plusieurs notes administratives, restées sans suite. Faute de temps, il n'avait pas pu développer ses autres arguments, ce qui avait motivé le premier renvoi.

Le policier avait été interpellé par la Police républicaine puis placé en détention préventive après la diffusion virale d'une déclaration sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, il s'en prenait ouvertement aux institutions républicaines, dénonçait la gestion de la menace terroriste et menaçait de passer à l'action à une date indéterminée.