Un officier supérieur de l'armée béninoise en prison après un message WhatsApp. Ce lundi 22 juin 2026, la première audience dans le dossier de cet officier supérieur placé en détention préventive début juin 2026 s'est ouverte un peu avant midi.
Convoqué à la barre, le prévenu, âgé de 43 ans, a plaidé non coupable des faits d'apologie de crimes contre la sûreté de l'État béninois mis à sa charge.
L’avocat, Me Michel Ahoumènou s'est constitué pour plaider son dossier devant la chambre correctionnelle de la CRIET.
Le prévenu s'est présenté comme un ancien commandant de l'opération mirador. Au moment des faits qui lui sont reprochés, l'officier supérieur affirme qu'il est en service à la Grande chancellerie (Vice-présidence de la République du Bénin, ndlr). Sur les faits d'apologie de crimes contre la sûreté de l'État béninois, l'officier supérieur a expliqué qu'il est de la même promotion que le lieutenant-colonel Pascal Tigri.
Un message dans le groupe WhatsApp de leur promotion
Dans sa déposition, le prévenu explique que le jour de la tentative de Coup, le dimanche 7 décembre 2025, il a vu un blindé militaire de l'armée roulé à vive allure dans la rue de sa résidence. L'officier affirme que lorsqu'il a vu le blindé que les hommes de Pascal Tigri étaient venus l'arrêter comme il ne s’entendait pas avec ce dernier. Le prévenu apprend à la Cour qu'il ne s'entendait pas avec le chef des mutins Pascal Tigri et que ce dernier l’a toujours accusé d'être un officier pro Patrice Talon.
Devant la Cour, le prévenu apprend également qu'il a reçu un message du lieutenant-colonel Pascal Tigri. Dans ce message, l'officier aujourd'hui incarcéré apprend que le lieutenant-colonel Pascal Tigri lui demandait de venir en renfort aux militaires engagés dans la tentative de Coup d'État et qu'il n'a pas réagi. Après ce message, l'officier affirme avoir essayé de joindre les généraux Abou Issa et Faïzou Gomina sans succès et que c'est plus tard qu'il a compris qu'ils étaient aux mains de Pascal Tigri
Plus tard, autour de 9 heures, le prévenu affirme qu'il a envoyé ce message dans le groupe WhatsApp de leur promotion : « Félicitations mon président ». Le juge lui rappelle qu'il venait de faire ainsi allégeance à Pascal Tigri. Le prévenu explique à la Cour qu'il s'agit en réalité d'un message de diversion parce qu'il ne s'entendait pas avec Tigri depuis les évènements de 2019 à Tchaourou.
Dans sa déposition, l'officier apprend que le lendemain de la tentative de Coup d'État, le lundi 8 décembre 2025, il s'est rendu chez le chef d'État-major adjoint de l'armée qui était responsable de la commission militaire chargée d'enquête sur le Coup d'État déjoué pour lui raconter les faits et comment il a envoyé un tel message pour faire diversion.
Après sa déposition, l'avocat du prévenu, Me Michel Ahoumènou a fait comprendre à la cour que c'est son client qui a signalé les faits à la commission d'enquête et que s'il était impliqué dans ces faits, il a eu le temps pour fuir avant qu'il ne soit interpellé fin mai 2026. Le juge a confirmé le mandat de dépôt et a renvoyé le procès au lundi 6 juillet 2026 pour continuation, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
