Soupçonné pour ses liens financiers avec l'activiste panafricain Kemi Seba, cet homme passera ces cinq prochaines années derrière les barreaux. Après l'audience du lundi 16 mars 2026, la CRIET avait poursuivi le lundi 11 mai 2026 le procès de ce prévenu. Convoqué à la barre lors de la précédente audience dans le dossier, le prévenu avait catégoriquement rejeté les faits et nié fermement les charges retenues contre lui.

D'un côté, il était poursuivi par le parquet spécial près la CRIET pour avoir effectué des opérations financières pour le compte du président de l'ONG Urgences panafricanistes Kemi Seba, recherché par les autorités béninoises dans le cadre du coup d'État manqué du 7 décembre 2025 au Bénin. De l'autre, il était également poursuivi pour des activités de cybercriminalité présumées.

Selon les éléments révélés à l'audience, le prévenu était impliqué dans un système permettant à des cybercriminels de blanchir une partie de leurs gains illicites. En échange d'une commission de 5%, il leur aurait fourni des comptes bancaires fictifs pour récupérer leurs butins. Une pratique qu'il avait niée, affirmant ignorer l'origine douteuse des fonds de certains de ses clients.

Quant à ses liens présumés avec Kemi Seba, le tenancier de boutique de transfert de devise et de change avait reconnu n'avoir réalisé qu'une seule transaction en cryptomonnaie de 2 000 euros pour l'activiste en 2023.

Les réquisitions du ministère public

L'audience du lundi 11 mai 2026 avait permis au ministère public, représenté par le premier substitut du procureur spécial près la CRIET, de prendre ses réquisitions dans le dossier.

Le procureur avait demandé à la Cour de retenir le prévenu pour les faits de complicité d'escroquerie et d'incitation à la rébellion qui lui étaient reprochés, en requérant cinq (05) ans de prison ferme et deux (02) millions FCFA d'amende.

Les avocats de la défense avaient plaidé au principal la relaxe pure et simple de leur client et, au subsidiaire, la relaxe au bénéfice du doute. 

Le verdict

Statuant publiquement, contradictoirement, en matière correctionnelle de flagrant délit et en premier ressort, ce lundi 29 juin 2026, la CRIET a requalifié les faits initialement retenus — incitation à la rébellion, harcèlement par le biais d'une communication électronique et escroquerie via internet — en complicité d'escroquerie par le biais d'un réseau électronique.

Sur cette base, la Cour a condamné le prévenu à 60 mois d'emprisonnement ferme, soit cinq (05) ans, ainsi qu'à deux (02) millions de francs CFA d'amende et aux frais. Elle a également ordonné la confiscation au profit de l'État béninois d'un téléphone de marque iPhone et d'un ordinateur MacBook, et prononcé une contrainte par corps d'un (01) mois, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.