Réunissant une quarantaine de participants issus des différentes composantes de la chaîne judiciaire et diplomatique, magistrats, officiers de police judiciaire, avocats, greffiers, huissiers de justice, cadres du Ministère des Affaires étrangères et du BCEJ, cette rencontre a constitué un véritable cadre de partage d'expériences et de consolidation des pratiques professionnelles.
Elle visait à renforcer les capacités pratiques et opérationnelles des différents acteurs à travers des exercices de simulation et à renforcer la coordination inter-institutionnelle au plan national.
La cérémonie d'ouverture s'est tenue le 24 juin 2026. Deux allocutions ont marqué le lancement officiel des travaux.
La représentante du PARAJ a souhaité la bienvenue aux participants. Elle a rappelé l'importance de la coopération judiciaire dans le renforcement de l'État de droit. Elle a réaffirmé l'engagement du projet à accompagner les réformes visant l'amélioration de l'accès à la justice.
La Directrice du BCEJ, Innocentia Apovo Monteiro a ensuite pris la parole. Après avoir situé l'atelier dans son contexte, elle a indiqué que « Les frontières ne doivent jamais constituer un obstacle à la manifestation de la vérité, à la protection des droits des justiciables ou à l'exécution des décisions de justice. C'est précisément pour lever ces obstacles que nous sommes appelés, ensemble, à faire vivre une coopération judiciaire plus efficace et plus ambitieuse ».
Elle a ensuite souligner que « les groupes criminels sont de plus en plus interconnectés, les flux financiers illicites circulent rapidement d'un État à un autre, les preuves sont dispersées sur plusieurs territoires et les victimes elles-mêmes se retrouvent souvent dans des juridictions différentes ». Elle a renchéri en disant que « la coopération et l’entraide judiciaires constituent des piliers essentiels de l'administration de la justice ».
La criminalité transnationale au cœur des enjeux : trois (03) jours de travaux pratiques
Les travaux ont suivi une approche participative, interactive et essentiellement pratique, répartie sur trois journées.
Contrairement aux formations classiques, cet atelier a privilégié une approche résolument pratique, interactive et intégrée. À travers des simulations de cas pratiques étudiés, les participants ont parcouru toutes les étapes du traitement d'une demande de coopération judiciaire, depuis sa formulation jusqu'à son exécution, en passant par les circuits de transmission, le contrôle de conformité et la coordination entre les différentes institutions concernées.
Deux cas pratiques à caractère transnational, l'un en matière pénale et l'autre en matière civile, ont permis aux participants de se confronter aux réalités opérationnelles des procédures de coopération, d'identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et de proposer des perspectives adaptées.
Renforcer la coordination interinstitutionnelle
Les travaux ont également permis de clarifier les rôles respectifs des différents intervenants dans le traitement des demandes d'entraide judiciaire et de mettre en évidence la nécessité d'une collaboration renforcée entre les juridictions, le BCEJ, la Police républicaine, le Ministère des Affaires étrangères et les autres acteurs.
Les échanges, particulièrement riches et interactifs, ont favorisé une meilleure compréhension des mécanismes de coopération judiciaire ainsi qu'une harmonisation des pratiques entre les différentes professions représentées. Elles ont également permis aux participants de mieux cerner le rôle du BCEJ dans ces procédures.
Des dossiers réels pour confronter la théorie à la pratique
L'atelier s'est achevé par une session consacrée au partage d'expériences du BCEJ. Plusieurs dossiers réels ont été présentés, en matière civile et en matière pénale. Ces échanges ont permis aux participants de confronter les simulations aux réalités opérationnelles du terrain.
Des résultats salués à la clôture
Lors de la cérémonie de clôture, le 26 juin 2026, la Coordonnatrice du PARAJ a félicité le BCEJ pour la qualité de l'organisation et spécialement, Mme Innocentia APOVO MONTEIRO pour son leadership. Elle a salué l'implication active des participants tout au long des travaux. Elle a rappelé que « le renforcement de la coopération judiciaire constitue un levier essentiel pour l'amélioration de l'accès à la justice et la lutte contre la criminalité transnationale ».
Le représentant des participants a exprimé la gratitude du groupe au Ministère de la Justice et de la Législation, au BCEJ, au PARAJ et à ses partenaires. Il a salué « la qualité des communications, l'approche pratique fondée sur les simulations et la richesse des échanges entre les différentes catégories d'acteurs ». Il a réaffirmé « l'engagement » des participants « à contribuer à l'amélioration de la coopération judiciaire dans leurs pratiques professionnelles quotidiennes ».
La Directrice du BCEJ a clos les travaux. Elle a remercié les participants pour leur engagement et a exprimé sa gratitude au PARAJ et à ses partenaires. Elle a invité les participants à « demeurer des partenaires du BCEJ au-delà de l'atelier, en partageant régulièrement leurs expériences, leurs difficultés et leurs propositions afin de contribuer à l'amélioration continue des mécanismes de coopération judiciaire ».
Cet atelier de Parakou marque une étape dans la consolidation du dispositif national de coopération judiciaire au Bénin. Les simulations ont permis aux participants d'expérimenter les différentes étapes du traitement des demandes d'entraide et d'identifier les défis qui ralentissent les procédures.
À travers cette initiative, le Ministère de la Justice et de la Législation réaffirme son engagement à moderniser les pratiques de la coopération judiciaire et à garantir une justice plus efficace et pleinement alignée aux engagements internationaux du Bénin.

