Dans l'après-midi du  lundi 29 juin 2026, c'est le tiktokeur « Le Russe », placé en détention préventive depuis quelques jours, qui comparaît une deuxième fois devant la chambre correctionnelle de la CRIET pour répondre de ses infractions numériques. Lors de la première audience en mai, le prévenu a plaidé non coupable des faits mis à sa charge par le parquet spécial. 

À l'ouverture du procès ce lundi 29 juin 2026, les débats ont pu se tenir. « C'est qui Le Russe ? », lui demande le président de céans. « C'est bien moi », répond le prévenu. La Cour interroge ensuite le prévenu sur ces activités sur les réseaux sociaux notamment Tiktok. Il explique qu'il a deux comptes sur ce réseau social. Le premier compte est intitulé : « Le Russe » ou encore « Alchimiste noir ». Quant au second compte, il est intitulé : « Le Sorcier ».

Au sujet de ses activités sur les réseaux sociaux, Le Russe confie à la Cour qu'il fait beaucoup plus dans les lives politiques et l’éveil des consciences. « Et le site Panaf ? », lui demande en retour le juge. « Panaf » n'est pas un site mais une communauté, a expliqué Luc Mègnigbèto.

Les questions de la Cour vont alors se tourner sur le rôle du prévenu dans la création de compte à la tiktokeuse Georgia. Cette dernière qui vit à l’étranger est en effet connue sur les réseaux sociaux pour ses diatribes envers les autorités de Cotonou. « Qui a créé le compte de Georgia? », veut savoir la Cour. « C'est Georgia même qui a créé son compte Tiktok », a répondu le prévenu. Il va préciser ensuite qu'il a aidé Georgia a créé une communauté sur WhatsApp. « C'est toujours la communauté qui regroupe Be Africa , Oba et autres ? », demande la Cour. Le Russe va indiquer que ce sont des internautes.

Selon la lecture de son procès verbal, le prévenu a reconnu être administrateur délégué de la communauté créée pour Georgia.

La tentative de Coup d'État du dimanche 7 décembre 2026

Dans cette communauté créée par Georgia, il aurait supprimé des messages liés à la tentative de coup d'État du dimanche 7 décembre 2025. La cour cherche à comprendre quels sont ces messages qui ont été supprimés ce jour-là? Le prévenu a déclaré qu'il ne se rappelle pas des messages supprimés. Mais, il affirme qu'il se rappelle avoir supprimé deux messages inappropriés. Il a déclaré ceci « Les 7 et 8 décembre 2025, je n'avais pas accès à cette communauté. Tout ce qui concerne le 7 décembre,  je l'ai fait directement sur Tik Tok ».

Et à la cour de l'interroger sur le communiqué du Comité militaire pour la refondation (CMR) dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri qui avait tenté de prendre le coup d'État le 7 décembre 2024 et de renverser le régime de Patrice Talon. 

Selon la Cour, le 7 décembre 2025, il a été publié dans cette communauté une liste de personnalités à enlever ainsi que le discours des putschistes. Plus tard, ils ont aussi publié dans la communauté deux raisons pour lesquelles il ne faut pas aller voter lors de la présidentielle 2026 au Bénin. 

L'interrogatoire sur les liens avec l'opposant Sabi Sira Korogoné

« Est-ce que vous avez servi votre compétence à l'outil ? », va demander le ministère public au sujet de la création de cette communauté. Le prévenu Le Russe répond par l’affirmative. 

Lors des débats, la cour lui a demandé s'il connaissait l'opposant béninois, Sabi Sira Korogoné ? Et au prévenu de répondre : « C'est un homme politique que tout le monde connaît ». Et à la cour de lui demander : « Vous savez qu'il y a un mandat d'arrêt international contre lui? Pourtant vous lui ouvrez votre panel afin qu'il parle ».

Le prévenu a déclaré qu'il a vu par le passé des télévisions et des radios recevoir des personnes qui étaient recherchées par la justice béninoise. Il a déclaré à la Cour que lors de ces apparitions sur son pannel, la police pouvait le localiser et l’interpeller.

Après sa déposition, la Cour a renvoyé le dossier au lundi 12 octobre. 2026 pour les réquisitions et plaidoyer du ministère public, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.