L'affaire s'appuie sur plusieurs publications relayées par le prévenu sur son compte TikTok. Selon le dossier, il y aurait accusé Patrice Talon d'avoir lui-même organisé la tentative de putsch du 7 décembre 2025. Son objectif aurait été de se maintenir au pouvoir. Dans l'une de ses vidéos, le prévenu aurait lancé : « Patrice Talon a fait un coup d'État pour s'éterniser au pouvoir ». Il aurait ajouté : « Les institutions du Bénin sont à la solde de Patrice Talon ».
Le procès-verbal fait état d'une autre publication. Le prévenu y aurait affirmé que le Bénin allait prochainement rejoindre l'Alliance des États du Sahel. Il y aurait réaffirmé sa conviction que les institutions du pays obéissaient aux ordres de l'ancien chef de l'État.
Le ministère public poursuit le tiktokeur pour incitation à la rébellion. Il lui reproche également des faits de harcèlement par le biais d'une communication électronique. L'apologie de crimes contre la sûreté de l'État complète les charges retenues contre lui.
Une audience marquée par un échange sur ses convictions
Face à la Cour, le président a demandé au prévenu s'il exerçait une activité politique. L'intéressé a répondu par la négative. Le magistrat a ensuite recentré les débats sur le contenu de ses publications, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
Le président de la Cour a reproché au prévenu d'avoir diffusé des informations non vérifiées, de nature à troubler l'ordre public. Il a rappelé que de nombreux citoyens utilisaient les réseaux sociaux à des fins commerciales, pour vendre des chaussures ou des produits alimentaires. Il a opposé cet usage à celui fait par le prévenu, qui aurait, selon lui, propagé des allégations sans fondement.
Des excuses formulées en larmes
Interrogé à la barre, le prévenu a présenté ses excuses à la Cour. « Je suis vraiment désolé, je vous demande pardon », a-t-il déclaré. L'émotion l'a submergé pendant l'audience. Il a fondu en larmes devant les juges, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
À l'issue des débats, la Cour a confirmé le mandat de dépôt du prévenu. Elle a renvoyé l'affaire au jeudi 27 août 2026. Cette audience sera consacrée aux réquisitions du ministère public et aux plaidoiries de la défense.
