Le procès du commissaire de police Delcoz Kindjanhoundé, poursuivi devant la chambre correctionnelle de la CRIET, n'a pas connu d'évolution sur le fond ce lundi 13 juillet 2026.

À l'ouverture de l'audience, l'avocat du prévenu, Me Julien Togbadja, a sollicité un nouveau renvoi du dossier. La Cour a accédé à cette demande et a fixé la prochaine audience au lundi 17 août 2026, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

Un avocat constitué lors de la précédente audience

Ce nouveau report intervient après un premier renvoi prononcé le lundi 15 juin 2026. Ce jour-là, un rebondissement procédural avait marqué la troisième audience avec la constitution de Me Julien Togbadja pour assurer la défense du commissaire Kindjanhoundé.

En raison de cette constitution de dernière minute, les réquisitions du ministère public, initialement attendues à cette audience, n'avaient finalement pas eu lieu. La Cour avait alors renvoyé le dossier au 13 juillet 2026 afin de permettre à la défense de prendre connaissance des pièces.

Une note écrite déposée lors d'une précédente audience

Cette étape faisait suite à une deuxième audience très brève, tenue le lundi 20 avril 2026. En moins de cinq minutes, le commissaire Kindjanhoundé avait remis aux juges une note écrite détaillant les motivations profondes de sa vidéo controversée, dans laquelle il s'en prenait au président Patrice Talon. Le dossier avait alors été renvoyé au 15 juin 2026 pour permettre au parquet de formuler ses observations.

Lors de l'ouverture du procès, le 9 février 2026, le commissaire avait plaidé non coupable. Poursuivi pour incitation à la rébellion, incitation à la haine et détention illégale d'armes à feu, il conteste l'ensemble des charges retenues contre lui.

Devant la CRIET, il avait reconnu être l'auteur de la vidéo incriminée, tout en affirmant l'avoir réalisée « en qualité de simple citoyen ». « J'ai appelé le peuple béninois à une révolution démocratique », avait-il soutenu. Une ligne de défense qui avait suscité de vives interrogations du parquet sur le devoir de réserve d'un agent de police, d'autant que l'officier apparaissait en uniforme dans la vidéo.

Le traumatisme du front anti-terroriste

Pour expliquer son geste, le commissaire Kindjanhoundé avait évoqué son expérience dans le nord du Bénin, où il avait été déployé fin 2023 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Marqué par les pertes humaines, il avait déclaré aux juges : « J'ai vu des hommes mourir au front ».

Il affirme que sa démarche visait avant tout à rendre hommage aux soldats tombés. L'officier avait également indiqué avoir tenté d'alerter sa hiérarchie par plusieurs notes administratives, restées sans suite.

Le policier avait été interpellé par la Police républicaine puis placé en détention préventive après la diffusion virale d'une déclaration sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, il s'en prenait ouvertement aux institutions républicaines, dénonçait la gestion de la menace terroriste et menaçait de passer à l'action à une date indéterminée.