Des figures de la société civile devant la justice malienne. Après une première journée marquée par des manifestations de soutien en faveur du chroniqueur Youssouf Bathily, dit « Ras Bath », les forces de l'ordre ont déployé un encadrement strict autour du tribunal, informe RFI. Afin de prévenir tout débordement populaire, la cour a ordonné la tenue des débats à huis clos pour la session du mardi 11 août.
Les prévenus font face à deux chefs d'inculpation principaux, à savoir « association de malfaiteurs et atteinte au crédit de l’État ». Durant les plaidoiries, le ministère public a cherché à établir un lien direct entre les actions de Ras Bath et celles de l’influenceuse Rokia Doumbia, surnommée « Rose, la vie chère ». Selon l'accusation, la neutralisation politique des prévenus constitue un enjeu pour la stabilité des institutions en place.
« Compte tenu du contexte actuel, il faut que Ras Bath soit mis hors d’état de nuire au pouvoir des autorités actuelles », a déclaré le procureur avant de poursuivre en affirmant que « laisser dehors des personnes comme Ras Bath serait un danger pour la dynamique en cours. »
Les réquisitions du parquet et les contestations de la défense
Pour marquer cette volonté de mise à l'écart, le procureur a réclamé une peine de dix (10) ans de prison ferme contre Youssouf Bathily. À l'encontre de Rokia Doumbia, le parquet a requis dix ans de prison, dont cinq ans assortis du sursis.
Les conseils des deux accusés rejettent fermement la qualification d'association de malfaiteurs. S'appuyant sur les procès-verbaux d'instruction, la défense souligne l'absence d'interrogatoires communs ou d'éléments prouvant une action concertée entre les deux personnalités.
Face à ce constat, les avocats ont réclamé la relaxe pure et simple de leurs clients ainsi que le rejet des enregistrements audio versés au dossier d'accusation. La cour d'appel a clôturé les débats et le verdict final sera prononcé le 17 août.
