Bonne nouvelle pour le couple de créateurs de contenus Molly et Billy. Arsène Kplédo connu du grand public sous le pseudonyme de Billy est désormais libre de ses mouvements. Le prévenu est relaxé au bénéfice du doute ce jeudi 27 août 2026 par la Cour de repression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
La Cour a également ordonné la restitution des téléphones portables et du véhicule confisqués depuis la perquisition à son domicile. Avant le verdict, le prévenu qui a eu la parole en dernier n'a fait aucune déclaration complémentaire.
À l'audience du jeudi 16 juillet 2026, le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme avait requis sa relaxe au bénéfice du doute. Le ministère public a aussi demandé la restitution de son véhicule et de ses téléphones.
À cette audience, le quatrième substitut du procureur spécial près la CRIET représentait le parquet. Son intervention a marqué un tournant dans ce dossier suivi depuis plusieurs mois par l'opinion publique béninoise.
Le représentant du parquet avait retracé l'origine de l'enquête
C'est sur renseignement que la police républicaine s'est rendue au domicile du tiktokeur. Une perquisition a suivi. Les enquêteurs ont saisi le véhicule du prévenu ainsi que plusieurs téléphones portables.
Une analyse numérique des appareils a ensuite été menée. Elle a révélé que Billy proposait des services de création de comptes monétisés. Ces services concernaient les plateformes TikTok, Facebook et PayPal. Le magistrat avait évoqué le cas précis d'un client. Cette personne avait sollicité le prévenu pour la création d'un compte PayPal. Billy aurait exécuté cette prestation de manière partielle.
Un doute qui profite au prévenu
Face à ces éléments, le parquet a estimé que le dossier ne permettait pas d'établir la culpabilité du tiktokeur. « Nous n'avons pas assez d'éléments au dossier qu'il se livre à des actes cybercriminels », avait déclaré le représentant du procureur. Sur cette base, le ministère public avait requis la relaxe au bénéfice du doute des faits d'escroquerie via internet reprochés à Billy.
Le parquet avait assorti cette réquisition d'une seconde demande. Il a sollicité de la Cour la restitution des téléphones portables et du véhicule confisqués depuis la perquisition à son domicile.
La défense dresse le portrait d'un entrepreneur numérique
Le conseil du prévenu Me Hugo Koukpolou avait construit sa plaidoirie autour du jeune âge de son client. L'avocat a rappelé que Billy travaille pour subvenir aux besoins de sa famille.
Selon la défense, ce sont les internautes eux-mêmes qui sollicitent volontairement les services du tiktokeur. Ces personnes cherchent à générer des revenus sur internet. « Il n'est pas un cybercriminel. Je n'ai pas vu un garçon comme ceux de son âge. Il investit dans la terre. C'est un entrepreneur numérique », a déclaré l’avocat, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
Un moment d'émotion à l'audience
Les réquisitions du ministère public avaient provoqué une vive émotion chez le prévenu. Billy a laissé couler quelques larmes à l'énoncé de la demande de relaxe. Le président de la chambre de jugement de la CRIET est intervenu à cet instant. Il a rappelé au tiktokeur : « Un homme ne pleure pas ».
Retour sur les origines du dossier
L'affaire remonte à plusieurs mois. Billy avait comparu une première fois le jeudi 23 avril 2026 pour son inculpation. Il avait alors plaidé non coupable des faits de harcèlement par le biais d'un système électronique et d'escroquerie via internet. Le prévenu s'était expliqué sur deux volets distincts.
Le premier volet concernait une publication Facebook datée du dimanche 7 décembre 2025, jour de la tentative de coup d'État déjoué au Bénin. Billy y écrivait que l'événement n'avait « pas duré deux heures » et qu'il s'agissait d'« un coup monté pour nous distraire ». Il avait justifié ce message par une volonté d'apaiser sa communauté et de décrédibiliser les auteurs présumés de la tentative de coup d'État.
Le second volet portait sur des données à caractère cybercriminel retrouvées dans son téléphone. Billy avait alors reconnu solliciter des milliers d'internautes pour la création de comptes monétisés. Il avait également évoqué l'achat de comptes fictifs, utilisés selon lui uniquement dans le cadre de procédures de certification sur Facebook.

