Un document attendu du Niger pourrait désormais jouer un rôle important dans la stratégie judiciaire de Kemi Seba en Afrique du Sud. Détenu depuis plusieurs mois, l’activiste béninois cherche, selon des informations rapportées par RFI, à faire valoir le passeport diplomatique nigérien qui lui a été délivré en 2024.
Le Niger au cœur de la stratégie de défense de Kemi Seba
Lors de l’audience du mercredi 23 septembre à Pretoria, la défense de Kemi Seba et le parquet ont demandé le report de l’examen de la demande de mise en liberté sous caution. La juge a accepté et fixé la prochaine audience au 6 octobre. Du côté de la défense, ce délai doit notamment permettre d’obtenir un document auprès de l’ambassade du Niger, selon les informations rapportées par RFI. Kemi Seba, dont le nom à l’état civil est Stellio Gilles Robert Capo Chichi, est conseiller spécial du chef de la junte nigérienne.
Il dispose également d’un passeport diplomatique nigérien obtenu en 2024. Ses avocats cherchent à faire reconnaître ce statut par les autorités sud-africaines afin de pouvoir invoquer l’immunité diplomatique. Ce passeport constitue ainsi un élément central de la stratégie de défense de l’activiste. Ses avocats veulent obtenir des éléments officiels permettant d’établir ce statut auprès de la justice sud-africaine et de renforcer leur demande de libération.
L’extradition vers le Bénin examinée en novembre
Un autre volet important du dossier concerne la demande d’extradition formulée par le Bénin. Sur ce point également, la procédure a été reportée. L’affaire doit désormais revenir devant la justice sud-africaine le 20 novembre.
Le parquet a indiqué que la demande d’extradition du Bénin avait bien été reçue par les autorités sud-africaines. Toutefois, le dossier ne comporte pas encore l’autorisation de la ministre sud-africaine de la Justice, qui est compétente pour autoriser l’extradition.
Kemi Seba recherché par les autorités béninoises
Kemi Seba fait l’objet de recherches au Bénin, son pays d’origine. Les accusations évoquées dans le cadre de cette procédure portent notamment sur l’apologie de crimes et le blanchiment d’argent. Les autorités béninoises lui reprochent également d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre 2025.
L’activiste et ses deux coaccusés ont été arrêtés en avril en Afrique du Sud alors qu’ils tentaient de quitter le pays pour se rendre au Zimbabwe. Parmi ses coaccusés figure son fils. Le troisième est présenté comme un membre d’un groupuscule afrikaner.
Kemi Seba et son fils avaient des visas arrivés à expiration au moment de leur tentative de sortie du territoire sud-africain. Depuis leur arrestation, la justice examine notamment les conditions de leur maintien en détention et les demandes de mise en liberté.
