Le dossier du commissaire de police républicaine Landry Bignon Delcoz Kindjanhoundé a connu une nouvelle évolution ce lundi 26 octobre 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). À l’issue des débats, le ministère public a présenté ses réquisitions et sollicité une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende d’un million de FCFA.

Poursuivi notamment pour provocation à la rébellion, incitation à la haine et à la rébellion, et détention illégale d’armes à feu, l’officier de police est au cœur d’une procédure liée à des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il critiquait la gestion du pouvoir du président Patrice Talon et la conduite de la lutte contre le terrorisme au nord du Bénin.

Le ministère public dénonce des faits liés à la sûreté de l’État

À la barre, le premier substitut du procureur spécial près la CRIET est revenu sur une publication diffusée le 8 décembre 2025. Selon les éléments présentés par le ministère public, Delcoz Kindjanhoundé aurait enregistré et publié, en tenue policière, une vidéo d’une durée de plus de 40 minutes.

Le parquet a notamment évoqué des déclarations dans lesquelles le prévenu aurait accusé le pouvoir de s’être accaparé des biens de l’État. Il a également rappelé certains propos tenus par le commissaire sur les réseaux sociaux, dont cette mise en garde : « Tenez-vous à distance des gens négatifs. »

Pour le ministère public, les déclarations de l’officier comportaient des affirmations mensongères et relevaient d’infractions portant atteinte à la sûreté de l’État. Le parquet a ainsi demandé à la Cour de retenir le prévenu dans les liens de la prévention des faits d’apologie de crime contre la sûreté de l’État et de détention illégale d’armes à feu.

S’agissant de ce dernier chef d’accusation, le représentant du ministère public a indiqué qu’une arme qui n’était pas une arme de service avait été découverte par les enquêteurs de la Police républicaine lors d’une perquisition au domicile du prévenu.

À l’appui de ses réquisitions, le parquet a évoqué les dispositions légales applicables aux faits poursuivis, en rappelant notamment une peine de deux à cinq ans d’emprisonnement. Il a finalement requis cinq ans de prison ferme et un million de FCFA d’amende contre le commissaire.

Me Julien Togbadja plaide la situation personnelle du commissaire

Après les réquisitions du ministère public, l’avocat du prévenu, Me Julien Togbadja, a présenté sa plaidoirie. La défense a notamment mis en avant la situation personnelle et financière de son client.

« Le commissaire de deuxième classe n’a pas de moto ni de véhicules », a déclaré l’avocat, évoquant également le faible solde disponible sur le compte bancaire de l’officier, qu’il a situé entre 2 000 et 4 000 FCFA.

Me Julien Togbadja a invité les juges à s’interroger sur la personnalité de son client au-delà des faits qui lui sont reprochés. « J’aimerais qu’une question se pose dans le secret de votre délibéré. Cet homme est-il méchant ? », a-t-il lancé à la Cour.

L’avocat a également évoqué le traumatisme dont son client aurait été affecté par les événements observés sur le terrain, notamment dans le cadre de son engagement contre le terrorisme. Cette argumentation s’inscrit dans le contexte des explications déjà fournies par le commissaire lors d’une précédente audience, lorsqu’il avait affirmé avoir appelé le peuple béninois à une « révolution démocratique ».

Le verdict attendu le 14 décembre 2026

À l’issue de cette audience du lundi 26 octobre 2026, la Cour a fixé le délibéré au lundi 14 décembre 2026, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

Le commissaire Delcoz Kindjanhoundé devra donc attendre cette date pour connaître la décision de la CRIET sur les faits qui lui sont reprochés. Les cinq ans d’emprisonnement ferme et le million de FCFA d’amende constituent, à ce stade, les réquisitions du ministère public et non une condamnation prononcée par la Cour.

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