La disparition de Pierre Urbain Dangnivo continue de soulever des interrogations, près de seize ans après les faits. Alors que Codjo Cossi Alofa, l’un des principaux acteurs du dossier judiciaire, est décédé le lundi 26 octobre 2026, la famille de la victime, par la voix de son avocate, ne considère pas l’affaire comme définitivement close.

Interrogée par BIP Radio à la suite de l’annonce du décès, Me Olga Anassidé a confié avoir appris la nouvelle dans la matinée. « Ça m’a fait l’effet d’une douche froide. Paix à son âme », a-t-elle déclaré. L’avocate espère également que les autorités apporteront rapidement des précisions sur les circonstances de cette mort. Elle dit ne pas avoir personnellement entendu la déclaration du parquet de Cotonou, qui a indiqué que les premiers éléments médicaux recueillis faisaient état d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

La mort de Codjo Alofa n’éteint pas toutes les interrogations

Pour Me Olga Anassidé, le décès de Codjo Alofa met fin aux poursuites pénales à l’égard de celui-ci, mais ne règle pas nécessairement les autres aspects de l’affaire Dangnivo. L’avocate distingue ainsi le sort judiciaire du condamné décédé de la poursuite des investigations et démarches relatives aux autres personnes évoquées dans le dossier. « Je ne pense pas que la mort de Alofa referme définitivement ce dossier. Il y a encore des aspects sur lesquels il faut retourner le dossier », a-t-elle affirmé au micro de BIP Radio.

Cette position s’appuie notamment sur les déclarations faites lors du procès. L’avocate rappelle que, dans son réquisitoire, le ministère public avait évoqué Akon Isidore comme l’auteur de l’homicide de Pierre Urbain Dangnivo, en affirmant que les faits s’étaient déroulés « dans le lit de Alofa ». Selon Me Anassidé, cette déclaration avait marqué une étape particulière dans le dossier, puisqu’elle attribuait publiquement la responsabilité de l’homicide à une autre personne que Codjo Alofa. Elle estime donc que les éléments ainsi évoqués méritent encore d’être examinés.

L’avocate attend des suites concernant d’autres personnes

Au-delà du décès de Codjo Alofa, la défense des intérêts de la famille Dangnivo attend des autorités qu’elles donnent des suites judiciaires aux pistes déjà mentionnées publiquement. Me Olga Anassidé affirme que certaines personnes présentées comme impliquées dans l’affaire restent en fuite. « Les autorités nous ont annoncé qu’Alofa est décédé. Les mêmes autorités nous avaient déjà mis sur la piste d’autres personnes et nous attendons d’elles de faire ce que de droit, pour que ces personnes qu’ils nous ont présentées publiquement comme les auteurs, comparaissent devant la justice », a-t-elle déclaré.

Interrogée sur les démarches qu’elle envisage à la suite de cette disparition, l’avocate n’a pas souhaité dévoiler ses intentions. « Je le garde pour moi, pour le moment », a-t-elle répondu. Elle a également indiqué que plusieurs appels avaient été formés par différentes parties après le jugement rendu dans cette affaire. Invitée à préciser si la famille Dangnivo avait elle-même interjeté appel, elle a répondu que cette possibilité « n’est pas exclue ».

Codjo Alofa condamné à 30 ans de réclusion criminelle en juillet 2026

Le décès de Codjo Cossi Alofa intervient quelques mois après sa condamnation, le 22 juillet 2026, à 30 ans de réclusion criminelle dans l’affaire dite Dangnivo. D’après le parquet de Cotonou, les premiers éléments médicaux recueillis après son évacuation vers le CNHU-HKM font état d’un accident vasculaire cérébral. Le ministère public a également indiqué que les procédures adéquates étaient en cours.

Pierre Urbain Dangnivo, cadre du ministère de l’Économie et des Finances, avait disparu le 17 août 2010. Son absence avait donné lieu à une longue procédure judiciaire, marquée par de nombreuses interrogations sur les circonstances de sa disparition et de sa mort. Lors du procès de juillet 2026, Donatien Amoussou, poursuivi dans le même dossier, avait été acquitté, tandis que Codjo Alofa avait écopé de la peine de 30 ans de réclusion criminelle. 

Pour Me Olga Anassidé, la disparition de ce dernier ne doit donc pas empêcher les autorités de poursuivre les démarches nécessaires concernant les autres personnes citées dans l’affaire. « L’affaire Dangnivo ne s’arrêtera probablement pas avec la mort de Alofa », a-t-elle conclu au micro de BIP Radio.