Tiani ne veut pas laisser tomber sa guéguerre contre le Bénin après près de deux ans de fermeture de frontière avec Cotonou. Le samedi 31 mai 2025, le Président Abdourahamane Tiani a accordé une interview à la télévision nationale du Niger, la RTN. Au cours de cet entretien, il a clairement indiqué que « la frontière avec le Bénin restera fermée ». Cette prise de position fait suite aux nombreuses accusations portées par le chef de l'État nigérien à l'encontre du gouvernement béninois dirigé par Patrice Talon.
Selon Abdourahamane Tiani, le Bénin abrite toujours des militaires français sur son territoire, dans le but de déstabiliser le Niger. « Le Bénin n'a jamais reconnu la présence de ces forces de déstabilisation (militaires français, ndlr) sur son territoire », s'est-il indigné. Il a ensuite affirmé que « la frontière avec le Bénin restera fermée tant que le Bénin ne comprendra pas que le combat que nous faisons ce n'est pas contre le Bénin que nous le faisons, c'est contre les troupes françaises de déstabilisation qui sont sur le territoire béninois et qui peuvent nous nuire ».
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Pourtant, en août 2024, le Président Tiani avait laissé entrevoir un certain espoir de normalisation des relations entre les deux pays. Il avait alors déclaré « Il y a des perspectives de reprise, mais elles sont conditionnées par des mesures de sécurité. C'est une question de responsabilité vis-à-vis du peuple nigérien ». Mais dans son interview du 31 mai 2025, il a reproché au gouvernement béninois une « gestion diplomatique de la crise » qu'il juge défaillante.
Le chef de l'État nigérien a notamment critiqué le rappel de Gildas Agonkan, l'ambassadeur béninois envoyé au Niger. Selon lui, « l'ambassadeur du Bénin qui était arrivé, est rappelé. Il a fait un déplacement à Gaya où il a appelé les Béninois et les Nigériens à se pardonner. Il est parti mais, n'est plus revenu ». Malgré ces accusations, les autorités béninoises avaient auparavant « balayé du revers de la main ces accusations et invité leurs homologues nigériens à faire un déplacement de terrain pour se rendre compte de leurs affabulations ».
Finalement, le Président Tiani reste inflexible sur la fermeture de la frontière. Il affirme que cette décision restera en vigueur « tant que le Bénin ne comprendra pas » les préoccupations sécuritaires du Niger.
