Invité à un salon de l'innovation digitale organisé par les autorités ivoiriennes début juillet 2025, le journaliste Hugues Comlan Sossoukpè s'est vu interpellé par la police à Abidjan, avant d'être extradé et livré aux autorités béninoises. Une situation pour le moins surprenante, car Sossoukpè était réfugié politique au Togo depuis 2019, après avoir critiqué à de nombreuses reprises le président béninois Patrice Talon.

Selon le ministre ivoirien de la Communication, Amadou Coulibaly, les autorités n'étaient pas au courant du statut de réfugié politique de Sossoukpè, ni du mandat d'arrêt dont il faisait l'objet au Bénin, lorsqu'elles l'ont invité à participer à cet événement. « Nous avons simplement exécuté un mandat au nom de la coopération judiciaire avec le Bénin », a-t-il déclaré.

Mais pour le président du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), Drissa Bamba, le statut de réfugié prime sur toute coopération judiciaire. Il estime que l'action des autorités ivoiriennes était "préméditée" et pourrait même s'apparenter à "un guet-apens" pour transférer Sossoukpè au Bénin.

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Une loi ivoirienne de 2023 stipule pourtant que « le réfugié ou le demandeur d'asile ne peut être refoulé à la frontière, expulsé ou exposé à toute autre mesure tendant à le contraindre à retourner ou à demeurer sur un territoire où sa vie, son intégrité physique ou sa liberté serait menacée ».  Une disposition qui semble avoir été ignorée dans le cas de Hugues Comlan Sossoukpè.

De son côté, le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbedji, a déclaré que la liberté d'expression « s'accompagne du devoir d'assumer ou, à tout le moins, de prouver ses allégations », sans pour autant commenter les circonstances de l'extradition.

Incarcéré dans la prison civile de la ville de Ouidah, au sud du Bénin, Hugues Comlan Sossoukpè fait désormais face à des accusations de « harcèlement par le biais d'un système informatique, de rébellion et d'apologie duterrorisme ».