Alassane Ouattara, à la tête de la Côte d'Ivoire depuis 2011, a mis fin mardi aux longs mois de spéculations sur sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Lors d'une allocution télévisée, le président ivoirien a officiellement annoncé qu'il serait candidat au scrutin d'octobre prochain. « Je suis candidat, parce que je veux que notre chère Côte d'Ivoire continue de demeurer un pays prospère, en paix et en sécurité », a-t-il justifié. 

Âgé de 83 ans, Alassane Ouattara a justifié sa décision en affirmant que la Constitution l'y autorisait et que sa santé le lui permettait. Il a également souligné les défis sécuritaires, économiques et monétaires « sans précédent » auxquels fait face le pays, nécessitant selon lui son expérience à la tête de l'État. Cette annonce intervient alors que les cadres de la majorité présidentielle, regroupés au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), appelaient depuis des mois à la candidature d'Alassane Ouattara. 

Fin juin 2025, le parti l'avait d'ailleurs désigné comme son candidat par acclamation, vantant le bilan de leur « champion du développement ivoirien » et le présentant comme le garant de la stabilité sous-régionale. 

Mais, cette décision devrait soulever l'indignation au sein de l'opposition ivoirienne. En 2020, celle-ci avait en effet boycotté le scrutin présidentiel, contestant un troisième mandat d'Alassane Ouattara jugé anticonstitutionnel. À l'issue du vote, les principaux leaders de l'opposition avaient alors mis sur pied un « Conseil national de transition », provoquant une vague d'arrestations. 

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Dans son allocution, le président ivoirien a d'ailleurs reconnu que « le devoir peut parfois transcender la parole donnée », alors qu'il avait initialement annoncé vouloir se retirer de la vie politique. Ce revirement fait suite au décès, quatre mois avant le scrutin de 2020, de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. 

Cette année, Alassane Ouattara devrait affronter plusieurs personnalités de l'opposition, sous réserve qu'elles obtiennent les parrainages nécessaires. Parmi elles figurent l'ancienne première dame Simone Ehivet Gbagbo, l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan ou encore le député Jean-Louis Billon. 

Deux figures de l'opposition, Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, ont été exclus des listes électorales et s'opposent au pouvoir pour obtenir leur réinscription. Le dépôt des candidatures s'achèvera fin août 2025, pour un premier tour prévu le 25 octobre prochain.