« Je souffre de nos différends, je peine de ne plus le voir », a déclaré le chef de l’Etat face à la jeunesse, surtout en présence de Guy Mitokpè, ancien bras droit de Azannaï.

Ancien allié du chef de l’exécutif béninois, aujourd’hui figure de l’opposition, Azannaï reconnu pour ses frasques avec Patrice Talon peut s’offrir l’espoir d’une certaine réconciliation avec le chef de l’Etat. Ainsi, dans son message à la jeunesse béninoise, le président Talon a mentionné avec insistance, « Azannaï c’est un ami à moi. C’est un frère. Jusqu’à l’heure où je vous parle, c’est un frère. Je souffre de nos différends (…). Je peine du fait que je ne vois plus Azannaï.

Des propos qui sont perçus comme un appel à la réconciliation, depuis que les deux hommes ont pris leur distance, l’un de l’autre. Dans des mots forts et lumineux dont il a la rhétorique, le président Talon a apostrophé la jeunesse : « Vous voulez que je vous livre certains de nos secrets ? Vous voulez ? Je peux parler de nos secrets ? », a déclaré Patrice Talon avant de faire une confidence poignante sur sa relation brisée avec Candide Azannaï, président du parti Restaurer l’Espoir.

« Est-ce que vous savez pourquoi Monsieur Azannaï et moi, on s’est fâchés ? Le président Azannaï, vous savez pourquoi on s’est fâchés ? Vous le savez ? », a demandé avec insistance le chef de l’Etat. Plus loin, le numéro 1 béninois bouscule les curiosités en ces termes, « « J’espère que même quand je vais quitter la charge, dès le lendemain, on se verra lui ou moi. On va s’embrasser à nouveau. »

Cette position prise publiquement par Patrice Talon tranche avec les tensions politiques entretenues depuis le départ d’Azannaï du gouvernement en 2017. Le commun des Béninois ne s’attendait pas à un apaisement de la tension entretenue par Azannaï, très acerbes dans ses critiques contre le gouvernement Talon, depuis sa sortie fracassante de l’appareil d’Etat.

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Un éloignement politique suivi de près par les Béninois, au regard de l’intimité dans les relations qui visiblement liait les deux hommes. Les moindres mots de Patrice Talon étaient attendus sur ses dissensions avec le bouillant Azannai ; des clashs gérés par le désormais opposant dans des déclarations tonitruantes, des propos qui, à la limite, offensent.

L’espoir de réconciliation post-mandat s’offre comme une main tendue de Patrice Talon à Azannaï, à moins d’un an de la fin de son mandat à travers ces dernières déclarations.

A cette rencontre, au-delà du cas personnel, le président Talon a lancé un message aux jeunes désireux d’embrasser une carrière politique. Il enseigne que, gouverner exige de mettre de côté les discours de campagne pour faire face aux réalités. « Le premier serment que vous devez faire à vous-mêmes, c’est de dire : si j’ai l’occasion un jour, je vais travailler en faisant fi de mes propos politiques avant d’arriver dans la fonction », conseille Patrice Talon.