Les deux dirigeants n'ont répondu à aucune question des journalistes. Dans sa déclaration, Poutine a salué « l'atmosphère constructive et de respect mutuel » des discussions « amicales », puis a fait un bref historique de l'Alaska en tant que territoire russe.
Plusieurs minutes après qu'il a pris la parole, le président russe a fini par mentionner ce qu'il a appelé la « situation en Ukraine », apparemment le catalyseur du sommet. Il l'a fait, pour déclarer que, bien qu'un « accord » non précisé ait été conclu, les « causes profondes » du conflit devaient être éliminées avant que la paix puisse être rétablie.
Depuis le début de la guerre, les causes du conflit sont devenues synonyme des exigences qui, selon Poutine, font obstacle à un cessez-le-feu. Ces causes comprennent selon le président russe, la reconnaissance de la souveraineté russe sur les régions ukrainiennes de Crimée, Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson, ainsi que l'accord de l'Ukraine sur la démilitarisation, la neutralité, l'absence d'intervention militaire étrangère et la tenue de nouvelles élections. Il était donc clair qu'il n'y aurait pas d'accord dans ces conditions.
LIRE AUSSI : Guerre en Ukraine : Poutine reçoit l’émissaire de Donald Trump à deux jours de l'expiration de l'ultimatum américain
Lorsque Trump a pris la parole, il n'a pas mentionné une seule fois l'Ukraine ni la possibilité d'un cessez-le-feu. Il s'est contenté de dire que « cinq, six, sept mille personnes par semaine » étaient tuées et de noter que Poutine souhaitait lui aussi voir la fin des effusions de sang.
Donald Trump, dans sa déclaration, s'est distingué par sa relative et inhabituelle brièveté, mais surtout par son imprécision. « Nous nous sommes mis d'accord sur de nombreux points », a déclaré Trump. Le président des États-Unis a ajouté que des « progrès considérables » avaient été réalisés lors d'une « réunion extrêmement productive ». Mais, il n'a donné aucun détail et il ne semble pas que des mesures concrètes aient été prises pour résoudre le conflit ukrainien.
Aucun accord majeur ni aucune réunion trilatérale avec le président Zelensky n'ont été annoncés. Et, au grand soulagement de Moscou, il n'a été fait aucune mention des « conséquences graves » que Trump avait menacé d'infliger si aucun cessez-le-feu n'était conclu. « Nous n'y sommes pas parvenus », a admis Trump. Puis, avec optimisme mais de manière vague, il a ajouté : « Mais nous avons de très bonnes chances d'y parvenir. »
