Les craintes de l'opposition ivoirienne après l'arrestation de ses membres. Dans un communiqué publié dimanche 5 octobre 2025 , le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) a vivement dénoncé "l'arrestation et les détentions arbitraires de plusieurs de ses cadres et militants" au cours de cette semaine. Selon le parti, il s'agit de huit de ses responsables locaux, interpellés dans différentes communes d'Abidjan, "sans motif précis".
De leur côté, les autorités ivoiriennes ont assuré que ces interpellations n'avaient "aucun lien avec l'appartenance politique" des personnes arrêtées. Elles affirment qu'elles faisaient l'objet de "procédures d'enquête régulières". Ces arrestations s'inscrivent dans un contexte politique particulièrement tendu en Côte d'Ivoire, à quelques semaines de l'élection présidentielle du 31 octobre.
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Le PDCI, principale formation d'opposition, a en effet vu sa candidature rejetée par le Conseil constitutionnel, tout comme celle de l'ancien président Laurent Gbagbo et de son parti, le PPA-CI. Le PDCI estime que ces interpellations "s'inscrivent dans une stratégie d'intimidation et de musellement de l'opposition visant à affaiblir la mobilisation populaire pour exiger un dialogue politique pour des élections inclusives, transparentes et démocratiques".
Manifestations interdites
Dans ce contexte, le PDCI et le PPA-CI ont appelé à une marche samedi 11 octobre pour réclamer ce dialogue avec le pouvoir. Une précédente manifestation, prévue le 4 octobre, avait toutefois été interdite par les autorités "pour risques élevés de trouble à l'ordre public". Les autorités ont par ailleurs indiqué que les décisions du Conseil constitutionnel concernant les candidatures à la présidentielle ne sont "susceptibles d'aucun recours" et que "toute contestation" de celles-ci est "illégale". Elles ont en conséquence interdit toute manifestation visant à remettre en cause ces décisions.
L'opposition critique également la possibilité qu'Alassane Ouattara, le président sortant, puisse effectuer un quatrième mandat. Elle estime que cela serait contraire à la Constitution ivoirienne qui prévoit un maximum de deux mandats. Mais le Conseil constitutionnel considère que le compteur a été remis à zéro avec la nouvelle Constitution adoptée en 2016.
Malgré ces tensions, quatre candidats d'opposition sont néanmoins qualifiés pour affronter Alassane Ouattara lors du scrutin du 31 octobre : l'ex-ministre Jean-Louis Billon, dissident du PDCI, les anciens compagnons de route de Laurent Gbagbo Simone Ehivet Gbagbo et Ahoua Don Mello, ainsi que Henriette Lagou, déjà candidate en 2015.
