« Depuis au moins 15 jours, je n'ai pas eu l'occasion de te parler, Michel ! Toutes mes tentatives pour te joindre sont restées vaines », déplore Éric Houndété dans sa lettre. Le vice-président affirme s'être même rendu à deux reprises au domicile de Michel Sodjinou, accompagné d'autres cadres du parti, mais sans succès.
Éric Houndété revient sur les réticences initiales de Michel Sodjinou lorsqu'il a dû remettre son parrainage, le 2 septembre dernier. « Tu avais décidé de ne pas remettre ton parrainage, ou de ne le faire qu'après accord sur le candidat. C'est moi qui t'ai supplié de faire confiance aux instances du parti. Je te remercie de m'avoir écouté », écrit-il.
Houndété explique que Sodjinou avait conditionné son soutien à un choix consensuel du candidat du parti. « Tu avais pris la décision de ne pas remettre le tien, ou de ne le remettre que lorsque tu aurais été d'accord sur le candidat choisi. C'est moi qui t'avais supplié de le remettre et de faire confiance aux instances de notre parti ».
Au-delà des considérations politiques, la lettre met en lumière la profondeur du lien personnel qui unit les deux hommes. « Je rappelle que toi et moi sommes des amis d'enfance, nous avons grandi ensemble. Même lorsque nos chemins ont divergé à un moment donné - moi dans l'Union fait la Nation et toi dans les FCBE - cela n'a altéré notre amitié et notre fraternité », souligne Éric Houndété.
Il reconnaît également les frustrations et humiliations que Michel Sodjinou a pu subir de la part de certains cadres du parti. « Je sais quelles ont été tes frustrations pour toutes les contrariétés voire les humiliations inutiles nourries et entretenues par certains de nos camarades du parti à mon endroit. Je sais qu'à titre personnel, tu as souffert également des agissements de certains camarades de ta circonscription électorale et de la coordination nationale pour notre proximité », confie-t-il.
Malgré ces tensions, Éric Houndété insiste sur l'importance du combat commun qu'ils mènent au sein du parti Les Démocrates. « Ce qui nous a unis au sein du parti Les Démocrates est au-delà de notre fraternité et de notre amitié. Il s'agit du destin de tout un peuple, car notre parti, que nous avons créé ensemble, s'est engagé à faire renaître notre démocratie, à reconquérir nos droits et nos libertés et à réconcilier le peuple béninois"
», affirme-t-il.
C'est dans cet esprit qu'Éric Houndété lance un appel solennel à son ami. « Je viens très humblement me mettre à tes genoux pour te supplier de remettre le parrainage au parti. Je sais que c'est difficile pour toi, mais l'histoire nous interpelle et le Bénin tout entier nous regarde. Nous avons le devoir d'être à la hauteur des attentes du peuple », implore-t-il.
Avant de conclure sur une note fraternelle : « Appelle-moi, mon frère. Parlons-nous »
