La Commission électorale indépendante (CEI) a commencé à publier,  dimanche 26 octobre 2025, les premiers résultats partiels de l’élection présidentielle du samedi 25 octobre en Côte d’Ivoire. Sans grande surprise, le président sortant Alassane Ouattara arrive largement en tête, avec des scores écrasants dépassant parfois les 90 % dans plusieurs localités. Âgé de 83 ans, le chef de l’État semble bien parti pour décrocher un quatrième mandat.

Près de neuf millions d’électeurs étaient appelés aux urnes.

La CEI dévoile progressivement les résultats département par département, ainsi que pour les districts d’Abidjan et de Yamoussoukro. La compilation finale est attendue dans la nuit de dimanche à lundi.

Dans les régions du Nord, fiefs traditionnels du président Ouattara et majoritairement peuplées par l’ethnie malinké à laquelle il appartient, les résultats frôlent l’unanimité : 99,7 % à Kani et à Kong, son bastion, 98,1 % à Ferkessédougou, 97,8 % à Sinématiali, avec des taux de participation avoisinant les 100 % dans ces zones rurales.

Dans les régions du Sud et de l’Ouest, où de nombreux bureaux de vote sont restés presque vides, la participation a été nettement plus faible. Malgré cela, Alassane Ouattara conservait son avance. À Cocody, quartier huppé d’Abidjan, le taux de participation n’a pas dépassé les 20 %, mais le président sortant y a tout de même obtenu 68 % des suffrages exprimés.

Une participation en demi-teinte et une opposition affaiblie

Alors que les résultats continuent de tomber, le taux de participation officiel à l’échelle nationale reste inconnu. Toutefois, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Kuibiert Coulibaly, a estimé samedi soir qu’il devrait « avoisiner les 50 % ».

Cette faible mobilisation, combinée à des scores très élevés en faveur d’Alassane Ouattara, s’explique notamment par l’absence de ses principaux adversaires.

Ni Tidjane Thiam, ancien banquier international, ni l’ex-président Laurent Gbagbo n’ont pu concourir. Tous deux ont été radiés des listes électorales : Thiam pour des raisons liées à la nationalité, Gbagbo à cause d’une condamnation judiciaire.

La situation rappelle celle de 2020, où Ouattara avait été réélu avec 94 % des voix, dans un scrutin marqué par le boycott des figures majeures de l’opposition. Cette fois encore, bien que quatre candidats soient en lice face à lui, aucun ne semble en mesure de le contraindre à un second tour, faute de poids politique ou de ressources suffisantes.