Renaud Agbodjo, jeune espoir de l'opposition béninoise, a tiré un trait sur sa participation à l'élection présidentielle de 2026. Mardi 28 octobre 2025, depuis son cabinet d'avocat à Cotonou, le candidat recalé du parti Les Démocrates a annoncé son retrait temporaire de la scène politique nationale, une décision qu'il qualifie « d'extrêmement difficile, mais longuement réfléchie ».

Cette annonce fait suite au rejet définitif, la veille, de sa candidature par la Cour constitutionnelle. Lundi 27 octobre, la haute juridiction a en effet rejeté les recours déposés par Renaud Agbodjo et d'autres membres du parti pour contester le refus de la Commission électorale nationale autonome (CENA) d'enregistrer leur duo de candidature.

« C'est une décision malheureuse et dommageable, car j'ai été victime de dysfonctionnements internes à mon parti politique et d'adversité globale », a déploré le jeune avocat de 43 ans, tout en reconnaissant la légalité de la décision de la Cour.

Malgré cette défaite, Renaud Agbodjo a tenu à réaffirmer son attachement aux principes de droit et de stabilité du pays. « En tant que praticien du droit et attaché à la légalité, je suis bien obligé, malgré moi, de prendre acte de la décision de la Cour constitutionnelle », a-t-il indiqué.

Une décision motivée par des tensions internes à son parti

L'échec de sa candidature semble en effet avoir été motivé par des dissensions au sein de son propre camp politique. Dans sa déclaration, Renaud Agbodjo n'a pas hésité à évoquer les « raisons internes au Parti qui ont eu pour corollaire le rejet de ma candidature par la CENA ».

En cause, le retrait du parrainage par le député Michel Sodjinou, également membre du parti Les Démocrates. Cette manœuvre a conduit la CENA à rejeter la candidature du duo faute du nombre minimum de 28 parrainages requis.

Malgré cette amertume, le candidat malheureux a tenu à rendre hommage à Boni Yayi, le président de son parti, pour la confiance placée en lui. Il a également salué « la liesse populaire » qui avait accompagné sa désignation, témoignant de la dynamique qu'il incarnait auprès de l'électorat.

Appel au dialogue et à la préservation de la paix

Conscient de la déception de ses partisans, Renaud Agbodjo les a appelés à ne pas céder à la colère. « J'invite le peuple béninois à ne poser aucun acte de violence ou de représailles afin de préserver la paix sociale et la concorde », a-t-il exhorté.

Selon lui, cette page douloureuse doit désormais faire l'objet d'une réflexion sur le fonctionnement démocratique du pays. Dans un ton mesuré, il a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue et la paix civile, malgré son échec électoral.

À 43 ans, Renaud Agbodjo se retire donc temporairement de la vie politique pour se consacrer à sa famille, à son cabinet d'avocats et à ses proches. Une décision difficile, mais qu'il juge nécessaire après cet épisode douloureux de sa jeune carrière politique.