L’ancien Président de la République, Boni Yayi, est sorti de son silence après sa dernière rencontre  avec le Chef de l’Etat Patrice Talon, vendredi 24 octobre 2024. Dans une adresse au peuple béninois, il dresse un tableau sombre de la situation politique nationale à la veille des élections générales de 2026. Lors de cet échange tenu le 24 octobre dernier, Yayi dit avoir plaidé pour la pleine participation du parti Les Démocrates à toutes les échéances électorales à venir : législatives, communales et présidentielle. « L'exclusion de l’opposition et de LD de la présidentielle 2026 vient à contre courant de notre édifice démocratique issus de la conférence nationale de février 1990. Elle viole les principes de la démocratie et des droits de l’homme. Ces exclusions répétées sont également contraires à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples ».

Selon Boni Yayi, les réponses obtenues de Patrice Talon témoignent d'un recul des principes démocratiques dans le pays. « Je retiens que celui-ci renonce progressivement à faire du Bénin un État de droit et de démocratie », a déclaré Boni Yayi. Il estime que le Président Talon affiche une volonté de « ne plus tolérer d’opposition » dans le paysage politique béninois.

L’ancien Président va plus loin en accusant le pouvoir de conduire un plan de débauchage ciblé visant les responsables et députés du parti Les Démocrates. « Je retiens que selon lui, tout le monde doit être à la mouvance autour de lui. Selon lui, plus de démocratie, plus d’opposition au Bénin. Il se déroule en ce moment un vaste plan de déstabilisation, de débauchage d’un certains nombres de hauts responsables et de députés du parti les démocrates au profit de la mouvance sur une base d’intimidation, de promesse d’incitations financières et de menace de tous genre. Ce plan qui se déroule en ce moment où je m’adresse à vous prend malheureusement l’allure d'un élan mettant à mal notre unité nationale ».

Pour Yayi, le Président Talon voudrait en finir avec l’opposition. Il appelle à un sursaut national. Pour lui, seul un « dialogue politique inclusif », dans le cadre d’une conférence nationale ou d’un référendum, peut permettre de restaurer la démocratie et la justice sociale au Bénin.