Le Chef de l’État camerounais Paul Biya a livré un discours aux accents graves, conscient des défis auxquels le Cameroun est confronté. « Au moment de ma prise de fonctions, je mesure pleinement la gravité de la situation que traverse notre pays. Je mesure le nombre et l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés. Je mesure la profondeur des frustrations, l’étendue des attentes », a déclaré le président réelu, vêtu d’un costume sombre devant une assemblée officielle.

L’élection du 12 octobre dernier, qui a vu Biya l’emporter avec 53,66 % des voix face à l’opposant Issa Tchiroma Bakary (35,19 %), a été suivie de violentes protestations dans plusieurs villes du pays. D’après deux sources onusiennes, la répression des manifestations aurait causé la mort de 48 civils. Les autorités n'ont pas réagi aux sollicitations pour commenter ces chiffres ni fourni de bilan officiel.

Accusant certains membres de la classe politique et de la diaspora d’alimenter les tensions, Biya a promis de rétablir l’ordre dans le pays. Ce nouveau mandat, s’il arrive à terme, porterait la longévité au pouvoir du président camerounais à près de 50 ans. De son côté, Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre devenu opposant, s’est autoproclamé vainqueur de l’élection dès les premières heures suivant le scrutin. Il affirme avoir été exfiltré par des soldats qui lui seraient loyaux, sans pour autant préciser leur nombre, laissant planer le doute sur d’éventuelles dissensions au sein de l’armée.