Face au débat actuel sur la mise en place d’une seconde chambre parlementaire, le professeur Théodore Holo adopte une position prudente, appelant à l’examen du texte avant toute prise de position définitive. Le professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle, a réagi aux discussions en cours sur la création d’un Sénat au Bénin. Il a tenu à rappeler le contexte historique de cette idée. Selon lui, « lorsque nous avions fini la Conférence nationale, il y a eu un avant-projet de Constitution qui avait prévu, en plus de l’Assemblée nationale, un conseil des anciens ». Ce conseil devait rassembler des représentants des chefs traditionnels, des départements, ainsi que des hauts fonctionnaires de l’État et des organisations internationales.
À cette époque, le projet visait à instaurer une structure consultative chargée d’apporter sagesse et expérience dans la gouvernance nationale. Toutefois, Théodore Holo a précisé que cette proposition n’avait pas résisté à la phase de popularisation de l’avant-projet. En effet, « ces propositions (le Conseil des anciens et le Médiateur, ndlr) ont été récusées par la majorité des citoyens en disant que cela coûtait trop cher pour la République compte tenu de la situation économique du Bénin de l’époque ». Les considérations financières avaient alors conduit à son retrait du texte soumis au référendum de décembre 1990.
« Il n’est pas exclu que la situation amène à vouloir créer un conseil des sages ou un Sénat », déclare Holo
Malgré l’abandon de ce conseil des anciens, « le médiateur a été créé par la loi » par la suite, marquant ainsi la concrétisation partielle d’une des idées issues de l’avant-projet de Constitution, a rappelé Théodore Holo. Il estime que le contexte a évolué depuis les années 1990. Le Bénin d’aujourd’hui n’est plus confronté aux mêmes contraintes économiques et institutionnelles qu’à l’époque. Pour lui, « il n’est pas exclu que la situation amène à vouloir créer un conseil des sages ou un Sénat ». Toutefois, il insiste sur la nécessité d’une analyse rigoureuse en mesurant les implications politiques, sociales et financières avant toute décision.
