Le ton est ferme du côté du parti Les Démocrates. Réunis à leur siège le jour même du vote, les représentants de cette formation d’opposition n’ont pas mâché leurs mots face à la presse. Ils rejettent la procédure ayant conduit à l’adoption de la révision constitutionnelle et dénoncent de « graves manquements » . Le député Woroucoubou Habibou, a affirmé que le groupe parlementaire s’est opposé unanimement au texte. « Je puis vous assurer que les 22 députés Les Démocrates ont voté non », a-t-il déclaré. Pour lui, les conditions dans lesquelles s’est déroulé le scrutin ne permettent pas de garantir la régularité du processus.
Un processus jugé opaque et mal préparé
Selon le parti, plusieurs zones d’ombre entourent l’organisation du vote. L’opposition évoque notamment un accès limité aux documents et une absence de transparence dans la transmission des versions successives du projet. « Il y a eu des modifications en profondeur que nous ignorons totalement. Nous n’avons reçu que le premier rapport ; les autres ne nous ont jamais été transmis », déplore le député Habibou. Les conditions techniques du vote sont également remises en cause. Des coupures de courant, survenues au moment du scrutin, ont selon le parti entaché la sincérité du vote. « Si on coupe l’électricité une seule fois pendant un vote aussi important, c’est que le processus est vicié. Il faut le reprendre », soutient Woroucoubou Habibou.
Une demande claire, l’annulation du vote
Face à ce qu’ils qualifient de « coup de force institutionnel », les députés Les Démocrates appellent à « un audit indépendant du processus de vote » et réclament l’annulation du vote du 15 novembre. « Il faut que ce vote soit purement et simplement annulé, car il ne répond à aucune exigence de transparence », insiste le député. Le parti annonce qu’il saisira toutes les voies de recours disponibles. « Nous allons interpeller toutes les institutions compétentes pour que ce vote soit annulé », conclut-il.
Hervé Atika
