Installé à l’interieur d’un véhicule, visiblement affecté, le parlementaire a déclaré : « C’est avec beaucoup d’amertume et de gravité que je m’adresse à vous ce soir pour vous dire que j’ai décidé de démissionner du parti Les Démocrates ». Dans le même message, il exprime ses regrets : « Je présente mes excuses à tous ceux qui ont cru en moi ». Il n’a toutefois pas précisé s’il rejoindra la mouvance présidentielle, préférant souligner un climat politique délétère : « C’est vrai que notre pays traverse une période d’anarchie politique où le jeu politique ne respecte plus l’orthodoxie ».
Quelques heures avant cette annonce, le même député fustigeait les conditions dans lesquelles s’est déroulé le vote de la révision constitutionnelle. Lors d’une intervention virulente, il avait accusé la majorité parlementaire de manipulation : « Les 22 députés du parti ont tenu bon jusqu'au bout du processus. Aucun député LD n’a voté pour la révision de la Constitution. Ce n’est que des machinations. On a coupé le courant pour remplacer les votes et finalement donné un verdict qui donne la mouvance gagnante». Dans sa diatribe, il avait dénoncé un processus biaisé : « C’est un tripatouillage. Soyez fiers de vos 22 députés et sachez que le régime de la honte a montré encore aujourd'hui jusqu'à son haut niveau que c’est effectivement un régime de la honte » avant de conclure en ces termes : « C'était à dessein qu’ils ont demandé que ce vote soit secret. Nous vous prenons à témoin, chères populations ».
Avec ce départ, Sounon Boké Soumaïla devient le septième député à quitter le parti Les Démocrates en l’espace de quelques semaines. Il rejoint ainsi la liste des démissionnaires composée de Michel Sodjinou, Chantal Adjovi, Do-Rego Léansou, Joël Godonou, Denise Hounmenou et Constant Nahum.
