Dans un communiqué publié ce jeudi 28 novembre 2025, le ministère sénégalais des Affaires étrangères annonce officiellement « l’arrivée au Sénégal sain et sauf du Président Umaro Sissoco Embaló ». L’exfiltration du chef d’État bissau-guinéen, détenu brièvement par des éléments de l’armée dans le contexte d’une nouvelle crise institutionnelle à Bissau, marque une étape cruciale dans les efforts diplomatiques engagés par Dakar. L’opération a été rendue possible grâce à « un aéronef affrété par le Gouvernement pour se rendre à Bissau », dans le but de « contribuer à cette opération de rapatriement », précise le communiqué. L’appareil a permis non seulement d’assurer la sécurité du président Embaló, mais également de faciliter le départ d’autres acteurs politiques et membres des missions d’observation électorale présents sur place.

En parallèle, le Chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a pris « une part active au Sommet extraordinaire de la CEDEAO, convoqué en mode virtuel pour examiner la situation en République de Guinée-Bissau ». La session a débouché sur des décisions fermes, notamment « la condamnation de la tentative de prise du pouvoir par la force », ainsi que « l’appel au rétablissement de l’ordre constitutionnel et la libération sans délai du Président Umaro Sissoco Embaló et de l’ensemble des personnes détenues ». Le communiqué souligne que « depuis le début de la crise, les autorités sénégalaises, sous la conduite personnelle du Chef de l’État, sont en communication directe avec l’ensemble des acteurs bissau-guinéens concernés ». Ces échanges ont porté sur la situation sécuritaire, la libération des détenus, mais aussi « la réouverture des frontières pour faciliter l’exfiltration et le rapatriement ».

Un rôle clé dans la médiation régionale

Le Sénégal ne se limite pas à un appui logistique ou diplomatique. Il a été désigné membre du comité restreint de médiation mis en place par la CEDEAO pour se rendre prochainement à Bissau. Ce comité aura pour mission d’« assurer le suivi de la mise en œuvre des mesures » adoptées par l’organisation sous-régionale. Lors de sa prise de parole au sommet, le président Diomaye Faye a insisté « sur le caractère absolument essentiel du respect de l’ordre constitutionnel, de la protection des populations, ainsi que de la conduite de tout processus électoral dans un climat apaisé, sécurisé et conforme aux mécanismes régionaux établis ».

En conclusion, le communiqué du ministère sénégalais réaffirme « la disponibilité du Gouvernement à œuvrer aux côtés de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de tous les partenaires concernés, en vue de soutenir le dialogue, la stabilité et la restauration rapide de l’ordre constitutionnel et de la légitimité démocratique dans ce pays frère ».