Réunis jeudi 4 décembre 2025 dans la capitale américaine, le Président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame ont réaffirmé leur engagement envers ce nouvel accord, conclu en juin sous l’égide de Washington. Ce texte vise à stabiliser durablement l’est du Congo, souvent en proie à des violences armées et à l’instabilité chronique. « Nous réglons une guerre qui dure depuis des décennies », a déclaré le président américain Donald Trump à l’issue de la rencontre. 


image

Les combats s’intensifient malgré les efforts diplomatiques

Sur le terrain, la réalité contraste fortement avec les engagements signés à Washington. De violents affrontements se poursuivaient ce vendredi 5 décembre dans l’est de la République démocratique du Congo, les différentes parties en conflit se rejetant mutuellement la responsabilité des hostilités. Le groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda et non signataire de l’accord conclu à Washington, a accusé les forces gouvernementales congolaises de mener des attaques à grande échelle.

image

Selon un communiqué du mouvement, des bombardements en provenance du Burundi auraient visé plusieurs villages dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu au cours des trois derniers jours, causant la mort de femmes et d’enfants, blessant des civils et détruisant des infrastructures, notamment des écoles, maisons et centres de santé.

Le M23 accuse le Burundi, allié du gouvernement congolais, d’avoir coordonné ces frappes à l’aide de drones et d’artillerie lourde. De son côté, l’armée congolaise a affirmé que ses opérations ne visaient pas les civils, tout en dénonçant des frappes en provenance du territoire rwandais. Elle a annoncé avoir abattu un drone ennemi ayant violé l’espace aérien congolais depuis Bugarama, au Rwanda. Elle accuse également les rebelles du M23 de multiples violations du cessez-le-feu. Le M23 affirme que 23 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans les derniers affrontements, tandis qu’un porte-parole de l’armée congolaise évoque un bilan de 11 civils tués.

Selon des analystes, bien que l’implication diplomatique des États-Unis ait permis de limiter l’intensité des combats ces derniers mois, elle n’a pas suffi à résoudre les causes profondes du conflit. Ni le Rwanda ni la RDC n’auraient respecté les engagements pris en juin dernier.

Des civils pris au piège des violences

Les populations civiles paient un lourd tribut dans ces affrontements. « De nombreuses maisons ont été détruites, et des femmes ainsi que des enfants ont tragiquement perdu la vie », a déclaré Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23, sur le réseau social X (anciennement Twitter). Selon lui, les forces gouvernementales congolaises ont intensifié leurs offensives dans des zones fortement peuplées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, recourant à des avions de chasse, des drones armés et de l’artillerie lourde. Ces accusations, comme celles portées contre le Burundi, n’ont pas encore fait l’objet de vérifications indépendantes. Mais elles soulignent une fois de plus la complexité du conflit et la fragilité des engagements de paix dans une région où les lignes de front, les alliances et les intérêts stratégiques restent mouvants.