Maître Dossou a évoqué des mécontentements, qu’il juge toutefois insuffisants pour justifier une tentative de renversement du pouvoir. S’agissant d’un éventuel lien entre la mutinerie et le contexte politique actuel, il pointe certaines attentes déçues : « Ceux qui s'attendaient, par exemple, à voir un candidat du parti réellement d'opposition, Les Démocrates, n'ont pas vu ça, et donc ça peut créer quelques mécontentements », a-t-il déclaré. Mais il précise aussitôt que ces frustrations ne sauraient, à elles seules, expliquer les événements. « Le temps va nous révéler des choses qu’on ne sait pas aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la multiplication des coups d’État dans la sous-région, Robert Dossou estime que le phénomène s’inscrit dans une dynamique historique et institutionnelle plus large. « Nous y sommes et je le déplore, mais pour moi, c’est une séquence des convulsions de notre transition. Parce que nous sommes tous en transition », a-t-il affirmé. Selon lui, « les États au sud du Sahara n'ont pas encore d’État au sens institutionnel du terme. Un État institution, nous ne l'avons pas », poursuit-il, soulignant la fragilité des structures étatiques en Afrique subsaharienne.

Vers une consolidation démocratique

Malgré ces difficultés, l’ancien président de la Cour constitutionnelle reste confiant dans la capacité des pays de la région à renforcer leur démocratie. Pour lui, ces crises font partie du processus de maturation politique. « Nous allons faire des reculades parfois, mais nous continuons sur la voie de la consolidation démocratique », a-t-il conclu.