Lors d’une conférence de presse conjointe tenue jeudi 11 novembre 2025 à Abuja avec son homologue béninois, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a confirmé que les soldats sont toujours détenus au Burkina Faso. « Oui, ils y sont », a-t-il déclaré, précisant que des discussions sont en cours avec le capitaine Ibrahim Traoré, Président de la transition burkinabè, pour « résoudre cette question délicate le plus rapidement possible ». Cette déclaration contredit les affirmations faites deux jours plus tôt par les autorités de Ouagadougou à la BBC, selon lesquelles les soldats avaient été relâchés et autorisés à rentrer au Nigeria.

Contexte diplomatique tendu

Lundi 8 décembre 2025, la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a accusé un avion transportant 11 soldats nigérians d’avoir violé l’espace aérien burkinabè. Le Chef de la junte malienne, Assimi Goïta, est allé jusqu’à qualifier l’incident « d’acte hostile perpétré au mépris du droit international ». En réponse, l’AES a menacé de neutraliser tout aéronef non autorisé survolant son espace. Selon l’armée de l’air nigériane (NAF), l’avion incriminé, un C-130 effectuait une mission de transport à destination du Portugal, sans lien avec une quelconque opération militaire régionale. Le ministre béninois des Affaires étrangères, Olushegun Bakari, a d’ailleurs précisé que la présence d’aéronefs nigérians dans la région n’avait aucun rapport avec le soutien logistique apporté récemment au Bénin, dans le cadre de la tentative avortée de coup d’État du 7 décembre. 

Les sources militaires nigérianes ont indiqué que les soldats et l’avion étaient toujours détenus et que le ministère des Affaires étrangères était désormais saisi de l’affaire. «Ils n’ont pas encore été libérés. Le ministère des Affaires étrangères s’en occupe. Nous espérons qu’ils seront libérés prochainement grâce à son intervention», a précisé le ministre. L’armée de l’air nigériane a publié un communiqué de presse indiquant que le personnel à bord du C-130 qui a atterri à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, était sain et sauf et recevait un accueil chaleureux de la part des autorités burkinabè. Il a été expliqué que l’avion, qui effectuait une mission de convoyage vers le Portugal, a effectué un atterrissage de précaution après que l’équipage a détecté un problème technique peu après son décollage de Lagos le lundi 8 décembre 2025.

Selon le communiqué publié mardi 9 décembre par le directeur des relations publiques et de l’information, le commandant Ehimen Ejodame, l’équipage s’est dérouté vers l’aérodrome le plus proche, conformément aux procédures de sécurité standard et aux protocoles aéronautiques internationaux. M. Ejodame a indiqué que des dispositions étaient prises pour reprendre la mission comme prévu, ajoutant que l’armée de l’air restait attachée au strict respect des normes opérationnelles et de sécurité.