Le ministre béninois des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a expliqué que l’appel au soutien nigérian s’inscrivait dans une stratégie visant à limiter les pertes civiles, malgré la capacité des forces béninoises à contenir la situation. « La réponse du Nigéria sous le mandat de la CEDEAO a été une réponse à la requête des autorités béninoises. Non pas parce que l'armée béninoise n'était pas capable de répondre, l'armée béninoise avait réussi à empêcher et à repousser cette tentative de coup d'État, à les mettre dans un retranchement » a-t‑il déclaré. Et d’ajouter que la décision de solliciter l’appui externe a été guidée par le souhait du Chef de l’État « de ne pas qu'il y ait des pertes en vies humaines importantes » dans une zone où les assaillants étaient retranchés. 

Cette prise de position fait écho au déroulement de l’événement du 7 décembre 2025, lorsque des mutins ont brièvement tenté de s’emparer de la télévision nationale et d’autres points clés avant d’être repoussés par les forces loyales au Président Patrice Talon avec l’aide d’unités régionales déployées dans le cadre du protocole de la CEDEAO. 

Assurer la stabilité et maintenir la vie nationale

Le ministre Bakari a tenu à rassurer sur la stabilité du Bénin, affirmant que, malgré les événements du 7 décembre 2025, la vie quotidienne se poursuit normalement dans tout le pays. « Aujourd'hui, à Cotonou, à Parakou, à Natitingou, à Tchaourou ou partout sur le territoire national, la vie continue, les activités continuent. Le Bénin est parfaitement stable, toutes les initiatives de développement y sont possibles. Notre pays poursuit sa marche vers le développement et chacun peut y venir pour y mener ses activités en toute confiance » a‑t‑il affirmé. 

Une réponse régionale exemplaire, selon Abuja

Pour sa part, Yusuf Maitama Tuggar, ministre des Affaires étrangères du Nigeria, a salué la réaction rapide et coordonnée entre les deux pays et au sein de la CEDEAO. Il a estimé que l’exemple béninois devrait inspirer la sous‑région face aux menaces anticonstitutionnelles : « Le Bénin constitue un modèle et un exemple pour les autres pays dans l'utilisation des mécanismes de l'institution communautaire. Grâce à notre réaction rapide et à une communication efficace avec plusieurs de nos collègues, nous avons pu déjouer cette mutinerie visant à porter atteinte à la démocratie par un changement inconstitutionnel de gouvernement ».

Tuggar a mis en avant la « compréhension mutuelle, une relation de longue date et une histoire profondément partagée entre nos deux pays » comme éléments clés ayant permis une réponse efficace. Il a également souligné que « le Bénin demeure un partenaire stratégique, un territoire où l'investissement rime avec vision et sécurité », renforçant l’idée que la stabilité politique est un facteur déterminant pour la sous‑région. 

Un message de solidarité pour la démocratie

Les deux ministres ont ainsi transmis un message fort : la coopération diplomatique et sécuritaire est essentielle pour préserver l’ordre constitutionnel dans l’espace CEDEAO. Leur intervention conjointe à Abuja a confirmé que, même face à des périls internes, une réponse concertée entre États membres peut non seulement neutraliser les menaces immédiates, mais aussi consolider la confiance des citoyens et des partenaires internationaux dans la stabilité démocratique.

Dans la nuit du 7 au 8 décembre 2025, une tentative de coup d’État a été déjouée au Bénin. Initiée par une horde de militaires, cette mutinerie était dirigée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri. Les putschistes ont tenté de s’emparer de sites stratégiques à Cotonou, avant d’être rapidement neutralisés par les forces de défense et de sécurité béninoises. Plusieurs arrestations ont été opérées, et une enquête judiciaire est en cours. Les autorités ont assuré que les institutions sont restées stables et que la situation a été entièrement maîtrisée en quelques heures.