Dans un contexte régional marqué par des crises politiques récentes au Bénin et en Guinée-Bissau, les dirigeants de la Cédéao, organisation composée désormais de 12 États membres, ont réaffirmé avec force leur "tolérance zéro" envers les putschs militaires.

Julius Maada Bio, président en exercice de la conférence des chefs d'État, a souligné la nécessité de "consolider" l'institution après les départs du Mali, du Niger et du Burkina Faso en 2022. Face à ces défis, le dirigeant sierra-léonais a insisté sur l'importance de "concilier sécurité, gouvernance, éducation et création d'emplois" pour favoriser une meilleure intégration régionale.

Sur la question sécuritaire, les chefs d'État ont fait part de leurs progrès dans la mise en place d'une "brigade antiterroriste" de 1 650 hommes, devant être opérationnelle d'ici à la fin 2026. Ils ont également réaffirmé que la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent demeurait l'une de leurs priorités majeures.

Concernant les récents changements anticonstitutionnels de gouvernement, les dirigeants ouest-africains se sont montrés particulièrement fermes. Umar Alieu Turay, président de la commission de la Cédéao, a ainsi déclaré : « Nous savons tous que les coups d'État représentent un pas en arrière pour nos pays. Dans la Cédéao, il y a une tolérance zéro pour les changements anticonstitutionnels de gouvernement ».

C'est dans ce cadre que les chefs d'État ont rejeté le programme de transition proposé par la junte militaire au pouvoir en Guinée-Bissau, exigeant un "retour immédiat à l'ordre constitutionnel" et la mise en place d'une "transition courte et inclusive" dans laquelle les forces politiques seraient largement représentées. Ils n'ont pas exclu la possibilité de prendre des "sanctions ciblées" à l'encontre des personnes entravant ce processus.

Enfin, le président en exercice Julius Maada Bio a appelé ses pairs à faire de la Cédéao "une terre d'opportunités" plutôt _qu'un espace de crises", en fixant notamment comme objectif le lancement prévu d'une monnaie unique aux pays de l'organisation d'ici 2027.