Si l’implication d’un État voisin dans cette tentative de déstabilisation venait à être confirmée, les conséquences pourraient aller bien au-delà d’un simple incident diplomatique, prévient-il. La région court alors le risque d’une « guerre froide » entre gouvernements, nourrie par des manœuvres d’ingérence, des représailles entre communautés migrantes, et une dislocation accrue de la solidarité ouest-africaine. Mais Yabi ne s’arrête pas à l’analyse régionale. Il appelle aussi à une introspection nationale.
Selon lui, le Président Patrice Talon doit tirer les leçons politiques des événements du 7 décembre 2025, qui auraient pu lui coûter la vie. A en croire le fondateur du centre de réflexion citoyen WATHI, le climat de tensions sociales et politiques, de concentration du pouvoir et de marginalisation des oppositions, constitue un terreau favorable aux crises sécuritaires.
Un appel à l’apaisement et à la responsabilité pour éviter l’autodestruction régionale
Pour Yabi, un premier geste fort serait de renoncer à la promulgation de la révision constitutionnelle du 14 novembre 2025, adoptée sans débat public. « Les Béninois ont montré le 7 décembre et les jours qui ont suivi qu’ils étaient viscéralement opposés à toute irruption des militaires sur la scène politique, quels que soient les reproches qu’ils pouvaient faire au pouvoir civil en place. Mais ils restent très inquiets parce que les menaces qui pèsent sur la paix, la sécurité, la stabilité et la protection des droits humains, sont lourdes».
L’analyste rappelle que l’Afrique de l’Ouest doit éviter l’autodestruction car selon lui, si la région s’effondre sous le poids des conflits, des régimes autoritaires et des violences, ce sont ses propres populations qui en paieront le prix. « Ce ne sont ni les Français, les Russes, les Turcs, les Chinois, les Américains, ni tous les autres, qui paieront le prix de la déliquescence d’une Afrique de l’Ouest investie par des groupes armés terroristes, par toutes sortes de milices armées et par des dirigeants militaires ou civils autoritaires illuminés convaincus d’être les seuls à devoir décider de l’avenir de dizaines de millions de leurs concitoyens » a-t-il précisé.
