Le Burkina Faso réplique aux interdictions de délivrance de visas d'entrée à ses ressortissants par les États-Unis. Dans son communiqué publié à Ouagadougou, le gouvernement burkinabé « prend acte de la décision relative au renforcement des restrictions d’entrée sur leur territoire, décision qui inclut désormais le Burkina Faso parmi les pays soumis à des restrictions totales de visas », et indique qu’il entend appliquer des mesures équivalentes aux ressortissants des États‑Unis.

Le gouvernement burkinabé a déclaré être « attaché au respect mutuel, à l’égalité souveraine des États et au principe de réciprocité dans ses relations internationales ». Il a donc décidé d’appliquer à son tour des mesures équivalentes en matière de visas aux ressortissants américains souhaitant entrer sur le territoire burkinabé. 

Le communiqué précise que ces mesures s’inscrivent dans une politique de défense de la souveraineté du Burkina Faso, tout en maintenant l’ouverture du pays à « une coopération fondée sur le respect des intérêts réciproques avec l’ensemble de ses partenaires ».  

Ce que prévoit la mesure américaine 

Selon l’administration américaine, une proclamation présidentielle du 16 décembre 2025 étend à compter du 1er janvier 2026 des restrictions d’entrée visant plusieurs pays, dont le Burkina Faso. Cette mesure suspend en totalité ou en partie l’émission de visas pour les ressortissants concernés dans différentes catégories (tourisme, étude, immigration) afin de « protéger la sécurité nationale et la sûreté publique des États‑Unis ».

Des sources spécialisées indiquent que les pays touchés se retrouvent soit sous une interdiction totale d’entrée, soit sous une restriction partielle, affectant notamment les visas de court séjour, les visas étudiants et d’échange. 

Contexte africain des restrictions US 

L’annonce américaine s’inscrit dans un contexte plus large de hausse des tensions autour des politiques de visas du gouvernement de Washington. Les restrictions de décembre 2025 élargissent une liste de pays déjà affectés par des mesures similaires depuis 2025, notamment plusieurs États africains confrontés à des limitations de visas et à des refus d’entrée jugés discriminatoires ou excessifs par les autorités concernées.

Cette expansion des restrictions a déjà suscité des critiques et des appels à des réponses réciproques dans plusieurs pays africains. L’agence Africa Business Insider rapporte que des pays comme le Nigeria ou le Mali ont exprimé leur mécontentement, tandis que des voix citoyennes au Burkina Faso ont appelé le gouvernement à réagir de manière ferme.  

Avancées et limites pratiques 

Il est important de noter que certaines restrictions ne s’appliquent pas à tous les types de visas ni à tous les ressortissants. Par exemple, selon des analyses juridiques, des exceptions peuvent être faites pour des détenteurs de visas valides avant l’entrée en vigueur des mesures ou pour des catégories spécifiques comme les diplomates ou certains travailleurs sous statut légal.

Le Burkina Faso, qui figure généralement à la 80ᵉ place sur l’indice de liberté de voyage pour ses citoyens, voit ainsi ses ressortissants contraints de faire face à un durcissement des conditions d’accès au territoire américain.