1. Une élection organisée après quatre ans de transition militaire
L’élection présidentielle de 2025 intervient près de quatre ans après le coup d’État du 5 septembre 2021, qui avait renversé le Président Alpha Condé et porté à la tête de l’État le Chef de la junte, le général Mamady Doumbouya. Ce scrutin faisait suite à un référendum constitutionnel organisé en septembre 2025, qui a modifié la Constitution et a permis le retour progressif à un cadre constitutionnel, tout en ouvrant la voie à une candidature de Doumbouya.
2. Un nouveau cadre constitutionnel adopté avant l’élection
Le 21 septembre 2025, les Guinéens ont approuvé une nouvelle Constitution par référendum, modifiant notamment les règles électorales et les conditions d’éligibilité au poste de président. Cette adoption a été un prérequis pour la tenue de l’élection présidentielle, permettant notamment au chef de la transition d’être candidat malgré une précédente promesse de ne pas se présenter.
3. La domination de Mamady Doumbouya dans le scrutin
Selon les résultats provisoires officiels, le général Mamady Doumbouya a été déclaré vainqueur avec une écrasante majorité de 86,72 % des voix, sur environ 6,7 millions d’inscrits, avec un taux de participation estimé à 80,95 %. Il arrive très largement en tête devant son principal rival, Abdoulaye Yéro Baldé, crédité de 6,59 % des suffrages. Ces résultats font de Doumbouya le nouveau président de la Guinée pour un mandat de sept ans, selon les dispositions de la nouvelle Constitution.
4. Une opposition affaiblie et des critiques sur le déroulement
L’opposition politique était largement fragilisée au moment du scrutin. De nombreux ténors ont été écartés, en exil ou interdits de participation, et plusieurs partis ont été dissous, suscitant des appels au boycott de la part de certaines coalitions d’opposants. Cet affaiblissement de l’opposition a alimenté des critiques selon lesquelles l’élection a été moins compétitive qu’espéré, certains observateurs la qualifiant de « simulacre visant à légitimer le pouvoir en place ».
5. Une étape jugée historique mais controversée
Pour les autorités du pays, ce scrutin constitue une étape clé vers le « retour à l’ordre constitutionnel et au gouvernement civil », après une période de transition marquée par des tensions politiques et des défis institutionnels. Cependant, pour de nombreux analystes, organisations de la société civile et observateurs internationaux, « la crédibilité du processus électoral est mitigée », soulignant l’absence de véritables conditions de compétition, la limitation des libertés politiques et la marge écrasante du vainqueur comme éléments controversés.
