Au lendemain du vote, l’attention se porte sur les règles qui déterminent l’accès des partis à l’Assemblée nationale et la distribution des sièges. Le dimanche 11 janvier 2026, les électeurs béninois ont participé à l’élection de leurs représentants au Parlement. Le scrutin s’est déroulé conformément aux nouvelles dispositions du Code électoral. L’article 146 nouveau de la loi nᵒ 2024-13 du 15 mars 2024, qui modifie et complète la loi nᵒ 2019-43 du 15 novembre 2019, fixe les seuils requis pour qu’une liste de parti politique puisse prétendre à l’attribution des sièges dans les différentes circonscriptions électorales législatives du pays.

Selon les règles en vigueur, « seules sont éligibles à l'attribution des sièges les listes ayant recueilli au moins vingt pour cent (20 %) des suffrages valablement exprimés dans chacune des circonscriptions électorales législatives ». Cette exigence constitue la condition de base pour accéder à l’Assemblée nationale. 

Néanmoins, le législateur a prévu une exception qui concerne les partis ayant conclu un accord de coalition parlementaire ou de gouvernance et qui ont déposé cet accord signé avant le jour des élections. Pour eux, « il sera procédé, pour le calcul du seuil prévu à l'alinéa précédent, à la somme des suffrages de ceux ayant recueilli au moins dix pour cent (10 %) des suffrages exprimés au plan national ».

FCBE, Moèle Bénin, UP-R et BR dans différents accords parlementaires

C’est dans ce contexte que plusieurs accords politiques ont été formalisés avant ces élections législatives. Les partis de la mouvance Union Progressiste le Renouveau (UP-R) de Joseph Djogbénou et Bloc Républicain (BR) de Abdoulaye Bio Tchané ont signé, le 16 septembre 2025 à Cotonou, des accords de coalition parlementaire et de gouvernance avec la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) de Paul Hounkpè. Un autre accord a été officialisé le 24 octobre 2025 entre la FCBE et le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (Moèle Bénin) de Jacques Ayadji. 

Seul le parti d’opposition « Les Démocrates » ne disposent pas d’accord de gouvernance avec les autres formations politiques en lice pour ces élections législatives.

Quid de la répartition des sièges

L’attribution des sièges s’effectue en deux étapes distinctes. La première concerne quatre-vingt-cinq sièges répartis entre les listes éligibles « selon le système du quotient électoral ». Dans chaque circonscription, le total des suffrages valablement exprimés est divisé par le nombre de sièges à pourvoir et le résultat obtenu constitue le quotient électoral. Les voix recueillies par chaque liste sont ensuite divisées par ce quotient afin de déterminer le nombre initial de sièges attribués. Après cette étape, les autres sièges non pourvus sont maintenant répartis selon la règle de la plus forte moyenne.

Une seconde phase intervient après cette première répartition. Elle concerne un siège exclusivement réservé aux femmes dans chaque circonscription électorale. Ce siège est attribué à la liste éligible ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages valablement exprimés dans la circonscription concernée. La candidate désignée sur la liste bénéficie alors de ce siège. Au total, vingt-quatre sièges sont ainsi réservés aux femmes sur l’ensemble du territoire national, à raison de vingt-quatre circonscriptions électorales. 

À l’issue de cette élection législative du dimanche 11 janvier 2026, les députés élus entament désormais un mandat de sept (7) ans, contre cinq (5) auparavant, conformément à la révision constitutionnelle intervenue en novembre dernier.

Voici le nombre de sièges par circonscription électorale

1 - Première circonscription électorale

(Kandi, Malanville, Karimama) nombre de sièges : 03


2 - Deuxième circonscription électorale

(Gogounou, Banikoara, Ségbana) nombre de sièges : 03


3 - Troisième circonscription électorale

(Boukoumbé, Cobly, Matéri, Tanguiéta) nombre de sièges : 03


4 - Quatrième circonscription électorale

(Kérou, Kouandé, Natitingou, Pehounco, Toucountouna) nombre de sièges : 04

5 - Cinquième circonscription électorale

(Allada, Kpomassè, Ouidah, Toffo, Tori-Bossito) nombre de sièges : 05

6 - Sixième circonscription électorale

(Abomey-Calavi, Sô-Ava, Zè) nombre de sièges : 07

7 - Septième circonscription électorale

(Nikki, Bembèrèkè, Sinendé, Kalalé) nombre de sièges : 04

8 - Huitième circonscription électorale

(Pèrèrè, Parakou, Tchaourou, N'Dali) nombre de sièges : 04

9 - Neuvième circonscription électorale

(Bantè, Dassa, Savalou) nombre de sièges : 03

10 - Dixième circonscription électorale

(Ouèssè, Glazoué, Savè) nombre de sièges : 03

11 - Onzième circonscription électorale

(Aplahoué, Djakotomè, Klouékanmey) nombre de sièges : 03

12 - Douzième circonscription électorale

(Dogbo, Lalo, Toviklin) nombre de siège : 03

13 - Treizième circonscription électorale**

(Djougou) nombre de siège : 02

14 - Quatorzième circonscription électorale

(Bassila, Copargo, Ouaké) nombre de siège : 02

15 - Quinzième circonscription électorale

(Du 1er au 6ème arrondissement de Cotonou) nombre de siège : 04

16 - Seizième circonscription électorale

(Du 7ème au 13ème arrondissement de Cotonou) nombre de siège : 05

17 - Dix-septième circonscription électorale

(Athiémé, Comè, Grand-Popo) nombre de siège : 02

18 - Dix-huitième circonscription électorale

(Bopa, Lokossa, Houéyogbé) nombre de siège : 03

19 - Dix-neuvième circonscription électorale

(Adjarra, Aguégués, Porto-Novo, Sèmè-Kpodji) nombre de siège : 05

20 - Vingtième circonscription électorale

(Adjohoun, Akpro-Missérété, Avrankou, Bonou, Dangbo) nombre de siège : 05

21 - Vingt-et-unième circonscription électorale

(Adja-Ouèrè, Ifangni, Sakété) nombre de siège : 03

22 - Vingt-deuxième circonscription électorale

(Kétou, Pobè). Nombre de siège : 02

23 - Vingt-troisième circonscription électorale

(Abomey, Agbangnizoun, Bohicon, Djidja) nombre de siège : 04

24 - Vingt-quatrième circonscription électorale

(Covè, Ouinhi, Zagnanado, Za-Kpota, Zogbodomey) nombre de sièges : 04

Hervé Atika