Le ministre malien de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de division Abdoulaye Maïga, a annoncé vendredi 16 janvier 2026 l'interdiction du journal Jeune Afrique sur le sol malien.
Cette décision s'appuie sur la Constitution, la Charte de la Transition révisée, la loi sur la presse et les délits de presse, ainsi que sur la nécessité de « préserver l'ordre public ».
Dans le document officiel, les autorités maliennes reprochent au journal Jeune Afrique des « accusations fallacieuses et subversives » envers le Mali, notamment en lien avec la « perturbation de l'approvisionnement en hydrocarbures », ainsi « qu'une apologie du terrorisme ».
Le texte évoque également des « accusations sans fondement » et une « absence d'équilibre dans le traitement de l'information », citant en particulier des « allégations d'exactions visant les autorités des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) et les Forces armées burkinabè ».
Les autorités dénoncent par ailleurs une « absence d'objectivité journalistique », marquée selon elles par une « partialité », un « discours orienté », ainsi que des faits de « diffamation et d'incitation à la haine ».
Tout contrevenant à cette interdiction s'exposera aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur, prévient le texte officiel. La mesure entre en vigueur immédiatement.
Cette décision s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre le Mali et certains médias français. Depuis mars 2022, la Haute autorité de la communication du Mali (HAC) a en effet suspendu et retiré plusieurs chaînes de télévision et radios françaises, telles que RFI, France 24, TV5 Monde, France 2, TF1 et LCI.
Le journal Jeune Afrique n'a pas encore réagi à cette interdiction.
