Le successeur de Patrice Talon à la tête du Bénin devrait avoir certaines qualités selon le Cadre de concertation des confessions religieuses. Le Cccr tient d’ailleurs à lever toute ambiguïté : il ne s’agit ni d’adouber un candidat ni d’orienter le vote des citoyens. Le texte propose plutôt un cadre éthique et institutionnel destiné à nourrir le discernement des électeurs et à interpeller la classe politique sur les exigences de la fonction suprême.
Un chef d’État au service de la Nation
Au cœur de ce « portrait de référence » figure une conviction forte. Le futur Président doit être un homme d’État, guidé par l’intérêt général et non par des calculs personnels. « Gouverner, c’est servir et non se servir », rappelle le Cccr, qui place la crainte de Dieu, l’humilité et le sens du devoir public au sommet des valeurs attendues.
Les confessions religieuses insistent également sur la probité morale du dirigeant à élire. Intégrité, justice, crédibilité et parcours vérifiable constituent, selon elles, des prérequis incontournables. À cela s’ajoute un style de gouvernance fondé sur la paix, la tempérance et la solidarité, jugé essentiel pour préserver la stabilité du pays et consolider la cohésion sociale.
Savoir-faire politique et vision stratégique
Le document ne se limite pas aux considérations éthiques. Le Cccr souligne l’importance de la compétence et de l’expérience dans la conduite des affaires publiques. Le prochain Chef de l’État devra démontrer une bonne connaissance des réalités nationales, une maîtrise des relations internationales et une compréhension des enjeux géostratégiques. Sa capacité à dialoguer avec les institutions financières internationales et à défendre les intérêts du Bénin au-delà des frontières est également mise en avant.
La gestion rigoureuse des ressources publiques, la transparence, la redevabilité et la bonne gouvernance sont présentées comme des exigences non négociables. Le futur Président est ainsi appelé à inscrire son action dans une logique de continuité républicaine, en consolidant les acquis du développement engagés depuis 2016, tout en apportant des réponses concrètes aux défis structurels du pays.
Respect de la Constitution, attachement à l’État de droit et rôle de garant de l’unité nationale figurent aussi parmi les attentes formulées. Une attention particulière doit, par ailleurs, être accordée aux jeunes, aux femmes, aux travailleurs et aux populations les plus vulnérables.
Dans un ton volontairement pédagogique, le Cccr met en garde contre les dérives d’un pouvoir autoritaire ou clivant. « Le Bénin n’a pas besoin d’un pouvoir arrogant ou diviseur », avertit-il, appelant à un leadership capable de rassembler et de fédérer au-delà des clivages politiques ou sociaux.
