Le bureau politique de la Force cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) exprime son mécontentement à l’issue de la proclamation des résultats des législatives et communales de janvier 2026. C'est à travers une déclaration publique que Paul Hounkpè et les siens s'étonnent de n'avoir lever aucun siège ni pour l’assemblée nationale ni pour le compte des communes.

Dès l’entame de sa déclaration, la FCBE reconnaît l’attente prolongée de ses militants et sympathisants. « Votre attente a été longue », admet le parti, expliquant avoir volontairement différé sa réaction « après la proclamation de tous les résultats » afin de se prononcer sur l’ensemble du processus électoral. Le parti remercie ensuite les électeurs qui ont porté leur choix sur ses candidats lors des communales, dont les résultats ont été publiés le 27 janvier 2026. 

« Nous venons humblement vous remercier, vous qui avez porté votre choix sur nos candidats », peut-on lire dans le communiqué. Mais très vite, le ton se fait amer : « Hélas ! Tout a concouru à ces résultats qui nous écartent une fois encore de toutes les instances dirigeantes de notre pays ».

Une opposition tenue à l’écart et un système démocratique remis en cause

Pour la FCBE, cette mise à l’écart ne concerne pas seulement son parti, mais l’ensemble de l’opposition. « À la fin du processus, c’est toute l’opposition qui se retrouve cette fois-ci écartée », souligne la déclaration, qui invite à tirer les leçons de ce nouvel épisode électoral.

La première leçon, selon le parti : « Notre système démocratique est en panne », avec pour conséquence « une division de plus en plus accentuée des fils et filles de notre pays ». La deuxième leçon vise directement les réformes politiques engagées depuis 2016, jugées « unilatérales, sans consensus » et n’ayant « profité qu’à ceux qui nous gouvernent depuis 2016 ».

Dérives électorales dénoncées, constance d’une opposition pacifique revendiquée

Dans un passage particulièrement sévère, la FCBE évoque un climat électoral marqué par de nombreuses dérives. Les réformes seraient, selon elle, « porteuses de division, d’exclusion et de déséquilibre institutionnel », mais aussi empreintes de « déchéance morale ».

Le communiqué dresse une liste détaillée d’irrégularités présumées : « achat de conscience, bourrage des urnes, achat d’agents électoraux, désignation des agents électoraux par un seul camp, votes multiples, tripatouillage, retard criard et inexpliqué du scrutin à des endroits ciblés ». Dans ce contexte, la FCBE estime que « les résultats proclamés ne sauraient servir de baromètre au choix du peuple ».

Malgré ces critiques, la FCBE rappelle son engagement en faveur de la paix et du dialogue. Depuis 2019, le parti dit avoir fait « le choix de la culture de la paix, du dialogue, du vivre ensemble et de la démocratie telle qu’optée à la Conférence des Forces Vives de la Nation ».

Le parti se présente comme l’une des rares formations d’opposition à avoir participé aux différents scrutins depuis l’avènement du régime de la rupture, « malgré les attaques de tous genres », à l’exception des élections de 2019, dont il avait été écarté en raison du « fameux certificat de conformité ».

Hommage aux militants et appel à la responsabilité nationale

La déclaration rend également hommage aux militants restés fidèles au parti malgré les pressions. La FCBE félicite ceux qui, « malgré les débauchages à coût d’argent, des intimidations de tous genres, des affectations punitives », sont restés attachés « aux idéaux de notre parti ».

Consciente des interrogations internes « continuer l’aventure ou s’arrêter ? » 

La direction du parti affirme placer « les intérêts de notre Nation » au-dessus de toute autre considération. « Nous nous sommes déjà suffisamment sacrifiés et ce n’est pas le moment de compromettre la paix dans notre pays », insiste le communiqué.

La FCBE invite ses militants et l’ensemble du peuple béninois « au courage, à la sérénité et à plus d’engagement pour sauver notre démocratie chèrement acquise ». Estimant que « le moment est suffisamment grave », le parti appelle à « un sursaut patriotique de tous les citoyens ».