Du tic au tac entre le Niger et le Bénin. Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, aux alentours de 00h20, l'aéroport de Niamey a été la cible d'une attaque armée menée par des individus circulant à motocyclette, dissimulant leurs phares. Cet assaut, qui a duré environ une trentaine de minutes, a finalement été repoussé par le dispositif sécuritaire de la base aérienne, épaulé par les forces de défense et de sécurité de la capitale nigérienne.

Peu de temps après les faits, le président Abdourahamane Tiani s'est rendu sur les lieux. Lors de cette visite, il n'a pas hésité à pointer du doigt des chefs d'État étrangers. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara, nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu'ils s'apprêtent, eux aussi, à leur tour, à nous écouter rugir », a-t-il déclaré devant des responsables militaires et civils.

Le Bénin réfute les accusations

Ces propos accusateurs ont suscité une vive réaction du gouvernement béninois, par l'intermédiaire de son porte-parole, Wilfried Houngbédji. Ce dernier a catégoriquement rejeté les allégations visant le Bénin, les replaçant dans un contexte plus global de perception du pays au sein de la sous-région. « Il se trouve que grâce à notre travail collectif, et un peu malgré nous tous, le Bénin aujourd'hui, on peut le dire, toute proportion gardée, mais sans fausse modestie, on peut dire que nous sommes premiers de la classe », a-t-il affirmé.

Wilfried Houngbédji a ensuite abordé de manière directe les menaces à peine voilées du président Tiani. « S'il y a des menaces, ce que nous faisons depuis pour garantir la quiétude à nos concitoyens, la sécurité globale dans notre pays, l'intégrité de notre territoire, ces efforts-là, ils vont être maintenus, amplifiés. Nous ne prendrons aucune menace à la légère », a-t-il assuré avec fermeté.

Selon le porte-parole béninois, même le peuple nigérien ne croit pas aux accusations portées par le président Tiani à l'encontre du Bénin. « J'ai lu beaucoup de réactions. Les Nigériens disent non, ça suffit, laissez le petit Bénin tranquille. Nous, on sait que les Béninois, ce sont nos frères, ce sont nos amis », a-t-il rapporté.

Le bilan officiel de cette attaque fait état de quatre blessés parmi les forces de défense et de sécurité. Du matériel militaire a été endommagé, notamment un stock de munitions qui a pris feu. Du côté des assaillants, vingt ont été tués et onze interpellés, dont plusieurs grièvement blessés. Un important lot de matériel de guerre et de motocycles ont été récupérés.