À l’approche du centenaire de l’indépendance, le président de la République appelle les Béninois à se projeter avec audace dans l’avenir : à quoi devra ressembler le pays dans trente-cinq ans ? Quel niveau de bien-être collectif, quelles infrastructures, quelle qualité de formation et quel accès aux services sociaux essentiels ? Pour Patrice Talon, ces interrogations dépassent désormais le simple exercice de prospective et relèvent d’une exigence de lucidité et de responsabilité vis-à-vis des générations futures.

Sans détour, il dresse le bilan contrasté des cinquante dernières années, reconnaissant que les avancées n’ont pas toujours répondu aux attentes. Il affirme toutefois qu’un tournant méthodologique a été amorcé depuis 2016, fondé sur la planification, la rigueur, l’abandon de l’improvisation et la mise en œuvre de politiques structurelles dans des secteurs clés, une dynamique dont les premiers résultats sont déjà qualifiés de « remarquables » par plusieurs observateurs.


Un cadre légal pour éviter l’errance stratégique 


L’un des choix majeurs opérés avec la Vision Bénin 2060 réside dans sa transformation en loi. En l’inscrivant dans le marbre juridique, les autorités entendent prémunir le pays contre les discontinuités stratégiques souvent observées d’un régime à l’autre. L’adoption à l’unanimité du texte par l’Assemblée nationale est présentée par le Chef de l’Etat Patrice Talon comme un signal politique fort, celui d’un consensus national autour de la nécessité de penser le développement au-delà des échéances électorales. 


La Vision pose un cap clair. Faire du Bénin, à l’horizon 2060, un pays de paix, de prospérité, de bonne gouvernance, de rayonnement culturel et international, et de bien-être partagé. Autrement dit, un État où la croissance économique se conjugue avec la cohésion sociale, la stabilité institutionnelle et l’affirmation identitaire sur la scène régionale et mondiale. 


De la vision à l’appropriation citoyenne 


Conscient que les stratégies les plus ambitieuses restent lettre morte sans adhésion populaire, le Chef de l’État mise sur une phase de dissémination annoncée pour les prochains mois. Objectif : faire sortir la Vision des cercles technocratiques pour l’inscrire dans l’imaginaire collectif, les politiques publiques sectorielles et, à terme, dans le quotidien des citoyens. Pour Patrice Talon, la métaphore est claire : disposer d’une boussole ne suffit pas ; encore faut-il apprendre à s’en servir. L’appel est lancé à toutes les composantes de la Nation, institutions, collectivités territoriales, société civile, secteur privé, monde académique, jeunesse afin que la Vision 2060 devienne un projet vivant, nourri par l’engagement de chacun. 

Le “travail bien fait” comme credo national 

Au cœur du discours présidentiel, une constante revient avec insistance, la valorisation du travail bien fait, de la rigueur et du sérieux dans l’action publique comme dans les comportements individuels. Selon le Chef de l’État, les premiers « fruits » récoltés depuis 2016 doivent servir de moteur psychologique collectif : ils prouvent que le développement n’est pas un privilège réservé à d’autres peuples, mais un horizon atteignable à condition de l’assumer par l’effort et la constance. 


La Vision 2060 se présente ainsi comme une promesse, mais aussi comme une exigence. Promesse d’un Bénin plus prospère et mieux gouverné ; exigence d’une discipline collective sur la durée, pour transformer l’ambition en résultats tangibles et durables. 


Une trajectoire à consolider dans le temps long


 Au-delà du symbole, le véritable défi reste celui de la continuité. Faire vivre la Vision 2060 suppose une articulation cohérente avec les politiques publiques successives, des mécanismes de suivi rigoureux, et une capacité d’adaptation aux mutations économiques, technologiques et géopolitiques. La réussite du projet dépendra aussi de la capacité à maintenir l’élan réformateur au-delà de l’actuel cycle de gouvernance. En traçant ce cap à long terme, le pouvoir béninois tente de sortir le pays de la logique des réponses conjoncturelles pour l’inscrire dans une trajectoire de transformation structurelle. La boussole est désormais posée. Reste à savoir si, collectivement, le Bénin saura garder le cap jusqu’au terme du voyage.

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