Haiti fait face à un défi institutionnel, après le mandat de 22 mois du CPT. Deux options institutionnelles divergentes se dessinent à cette fin d’échéance, dans un contexte marqué par une forte fragilité politique et sécuritaire, afin de prévenir un vide du pouvoir à partir de ce 7 février.

Selon infohaiti.net, un clan d’acteurs politiques a fait recours à la Cour de cassation. Ces acteurs, précise le média, misent sur la mise en place d’une gouvernance bicéphale qui sera conduite par un magistrat de cette haute juridiction.

Cette option est évoquée dans plusieurs cercles politiques, et s’inscrit dans une logique de continuité institutionnelle à partir du 7 février, date marquant la fin officielle du mandat du CPT. 

En parallèle, une autre initiative portée par une frange des conseillers-présidents du CPT a réuni plusieurs personnalités politiques à 72 heures de la fin du mandat du CPT.

L’objectif de ces assises est de dégager un consensus sur une nouvelle architecture de l’exécutif. Ce camp a lancé mercredi 04 février 2026 un processus d’inscription, pour les postes de président et de Premier ministre, traduisant la volonté d’aboutir rapidement à une configuration alternative du pouvoir.

Les résolutions adoptées au terme de ces assises aboutissent à la mise en place d’un nouveau collège présidentiel. Il comprendrait un représentant des membres du CPT, un représentant de la Cour de cassation ainsi qu’une personnalité issue de la société civile.

Ces deux camps porteurs d’options institutionnelles divergentes sont actifs dans le pays. À quelques jours de la fin de leur mandat, cinq des sept membres du CPT ont appelé à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Le président de la transition, Laurent Saint-Cyr, a refusé de donner suite, et Washington a sanctionné les cinq conseillers accusés de collusion avec les gangs.

Sans élections organisées, mais avec une insécurité toujours plus grande, et plus de 10 000 personnes tuées dans le pays depuis le début de sa mission, le mandat du CPT est un échec aux yeux de nombre d’observateurs.  

Pour rappel, un nouveau calendrier électoral a été adopté en décembre 2025.

Des élections générales avec un premier tour doivent se tenir le 30 août 2026, et un second, le 6 décembre.

En attendant, l'incertitude est totale sur la durée et la forme que prendra la nouvelle transition. Et la lutte d'influence des gangs qui contrôlent plus de 80 % du territoire bat son plein.

Selon plusieurs observateurs, le pays doit éviter un vide institutionnel aux conséquences imprévisibles, Haïti étant confronté à une crise multidimensionnelle, mêlant instabilité politique, insécurité chronique et paralysie des services publics.