Réunis en séance plénière, les 69 votants du jour ont donné leur quitus à ce texte qui consacre l’abrogation de deux piliers de la vie démocratique burkinabè : la loi de 2001 portant charte des partis et formations politiques, ainsi que la loi de 2009 relative au financement des partis, des campagnes électorales et au statut de l’opposition.
Défendant le projet devant la représentation nationale, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, Émile Zerbo, a souligné que cette mesure traduit la volonté du gouvernement de « refonder l’État » et de réorganiser en profondeur la vie politique. Selon l’exécutif, le système précédent avait favorisé une « prolifération » de structures sans idéologie claire ni ancrage social réel, entraînant une perte de confiance des citoyens envers les institutions.
Le gouvernement justifie également cette rupture par l'inadéquation des anciens textes avec les réalités sécuritaires et les aspirations profondes du peuple burkinabè. Dans un contexte de crise, l'exécutif estime que la dissolution est nécessaire pour « mettre fin aux divisions » et renforcer l’unité nationale autour des enjeux de souveraineté.
Cette étape parlementaire fait suite à l’adoption du projet en Conseil des ministres le 29 janvier dernier. Elle ouvre désormais la voie à l’élaboration d’un nouveau cadre juridique que les autorités promettent « mieux adapté aux réalités socioculturelles » du pays. En attendant ce nouveau dispositif, la vie politique organisée telle qu’elle existait depuis l’avènement du multipartisme intégral est officiellement suspendue.
Adams Khaled
