La session en cours à l’Assemblée nationale, consacrée à la mise en place des bureaux des commissions permanentes et à la désignation des instances dirigeantes des groupes parlementaires explique la pause observée pour le conseil des ministres. Cette étape institutionnelle majeure qui mobilise plusieurs membres du gouvernement, désormais également élus députés à l’issue des dernières élections législatives.

Ils sont quatre ministres directement concernés par cette configuration inédite. Éléonore Yayi Ladékan (Enseignement supérieur), Shadiya Assouma (Commerce et Industrie), Jean-Michel Abimbola (Culture) et Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Développement. Tous ont fait leur entrée au Parlement le 8 février 2026 et participent activement aux travaux de la 10ᵉ législature.


Cette double casquette ne saurait toutefois s’inscrire dans la durée. La législation béninoise encadre strictement le cumul de fonctions exécutives et parlementaires. Le Code électoral prévoit un délai de trente (30) jours à compter de l’installation à l’Assemblée nationale pour opérer un choix clair : siéger comme député ou conserver son portefeuille ministériel. 


Si la Constitution révisée offre une certaine marge d’interprétation, l’obligation de conformité juridique demeure, dans un contexte institutionnel particulièrement sensible.

Cette situation intervient par ailleurs à l’approche de la fin du mandat présidentiel en cours, un moment charnière qui rebat certaines cartes politiques et institutionnelles. La non-tenue du Conseil des ministres, bien que circonstancielle, illustre ainsi les ajustements en cours au sommet de l’État, entre exigences gouvernementales et recompositions parlementaires.