Les résultats des élections législatives du 11 janvier 2026 ont placé quatre membres du gouvernement face à une obligation légale de choisir entre le gouvernement et l'Assemblée nationale. Les ministres Éléonore Yayi Ladékan (Enseignement supérieur), Shadiya Assouma (Industrie), Jean-Michel Abimbola (Tourisme, Culture et Arts) et Abdoulaye Bio Tchané (ministre d'État) ont tous remporté des sièges de député.

La législation établit une incompatibilité stricte entre les fonctions ministérielles et le mandat parlementaire. Les élus disposaient d'un délai de trente jours pour notifier leur choix aux autorités compétentes. Passé ce délai, la démission d'office de l'un des mandats est automatique.

Éléonore Yayi a été élue sur le siège réservé aux femmes dans la 10ᵉ circonscription sous la bannière du Bloc républicain. Jean-Michel Abimbola a quant à lui décroché un siège dans la 22ᵉ circonscription sur la liste de l'Union progressiste. Leur décision de siéger à l'Assemblée nationale met fin à leurs fonctions au sein de l'exécutif. Shadiya Assouma et Abdoulaye Bio Tchané, tous deux élus du Bloc républicain dans la 13ᵉ circonscription, ont quant à eux choisi de conserver leur portefeuille ministériel. Leurs suppléants les remplaceront au Parlement.

Le gouvernement a procédé aux réaménagements nécessaires. Le ministre de la Santé Benjamin Hounkpatin est appelé à assurer l'intérim de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Il aura la charge de gérer les affaires courantes de ce département. Cette décision permet d'assurer la continuité administrative après le départ d'Éléonore Yayi. Dans le même temps, le ministre de l'Industrie et du Commerce est chargé d'assurer l'intérim du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts. Ces intérims interviennent à moins de deux mois de l'élection présidentielle d'avril 2026.

Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a précédemment indiqué qu'un remaniement ministériel n'était pas opportun à ce stade. La solution des intérims permet de gérer la fin du mandat présidentiel de Patrice Talon sans bouleverser la composition du gouvernement.

Hervé Atika